Martine Storti

Les patins à roulettes. Octobre 2011

Les patins à roulettes Revue La faute à Rousseau. Octobre 2011

Moi aussi j’avais des patins à roulettes. Mais ils n’avaient pas la séduction des siens. Les miens, avec leurs quatre roues métalliques, étaient bruyants, lourds, lents, vulgaires. Lui, quand il s’élançait sur ses patins à trois roues recouvertes de caoutchouc, était léger, délicat, aérien.
Le luxe, la richesse, pour la fillette que j’étais dans les années cinquante, s’incarnaient d’abord dans ces patins à trois roues caoutchoutées avec lesquels s’amusait mon cousin germain. Pour mes parents la richesse passait plutôt par ces objets qu’ils n’avaient pas encore mais auraient plus tard – le frigidaire, le pick-up, la télévision, la machine à laver – et surtout par ces possessions qu’ils n’auraient jamais : la Cadillac, le grand pavillon en meulière, les meubles anciens, les bijoux, la villa sur la Côte d’azur, le manoir en Sologne…
De ces objets et possessions, eux les patrons, c’est-à-dire mon oncle et ma tante, en jouissaient sans songer un instant à les partager avec ceux qui étaient restés ouvriers, c’est-à-dire mes parents.

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Lampedusa : de pire en pire

Lampedusa : j’y suis allée en 2006, lorsque j’écrivais L’arrivée de mon père en France, déjà et depuis des longtemps, les naufrages, les morts, les larmes de crocodile… 2013, sept ans plus tard, rien n’a changé, pardon, si cela a empiré !

Ci dessous un extrait de « L’arrivée de mon père en France »

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Victor Hugo Les misérables

Les hommes sont ainsi faits que dans un salon vous pouvez être crotté partout, excepté sur les souliers. On ne vous demande là, pour vous bien accueillir, qu’une chose irréprochable ; la conscience ? non, les bottes…

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Jean-Jacques Rousseau

Dans le Contrat social

C’est parce que la force des choses tend toujours à détruire l’égalité que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir

Dans Considérations sur le gouvernement de Pologne

Tant que le luxe règnera chez les grands, la cupidité règnera dans tous les cœurs et s’il faut être riche pour briller la passion dominante sera d’être riche

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Non à la purification

On a voté Hollande, il a été élu, on a eu les droits des femmes plutôt que l’identité nationale, le mariage pour tous plutôt que le curé vaut mieux que l’instit, une justice qu’on laisse travailler plutôt que des procureurs aux ordres et des juges d’instruction harcelés, des medias plutôt indépendants du pouvoir politique. C’est déjà ça et ce n’est pas rien.

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8 mars 2013 : dans l’Humanité

De l’impossibilité de répondre à la question posée

1- Merci à l’Humanité de nous offrir cette tribune. D’emblée une remarque : pourquoi ne s’adresser qu’à la ministre des droits des femmes alors que c’est l’ensemble du gouvernement qui mène telle ou telle politique et que, s’agissant du sujet traité, il conviendrait d’interpeller Premier ministre et président de la République, histoire de les impliquer dans le « concret », pour reprendre l’adjectif utilisé.

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A la recherche d’une histoire perdue 2012

Ce texte « A la recherche d’une histoire perdue » figure dans le livre Archives familiales: modes d’emploi, Véronique Montémont et Catherine Viollet, Academia L’Harmattan Fév 2013

« Genèse autobiographique et collecte des traces ». Mais comment faire quand il n’y a pas de « traces » ou très peu, pas ou peu de traces matérielles, ou mémorielles, pas ou peu de récit ?
La vie sans archives, sans traces, telle est pour moi la marque de l’exil. L’exilé part souvent le coeur serré et les mains vides, avec lui quelques vêtements, parfois, quelques objets, un médaillon, une photo, quelque chose qui lui appartient en propre, qui lui permet, même en exil, de ne pas être dans le dépouillement de tout, dans l’absence de sa vie d’avant.

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