Mots clés : MLF

14 février 2014 : Ne pas oublier la liberté

Chaque génération de féministes en fait hélas l’apprentissage. De la bêtise, de la manipulation, et pour une part plus réduite, de la saloperie. Le débat qui se joue depuis quelques semaines sur la scène médiatico-politique française en est la démonstration. Une fois de plus en effet il faut entendre ce que Simone de Beauvoir a entendu lors de la publication de son livre Le deuxième sexe dans les années 50, ce que d’autres avant elle avaient entendu, au long des décennies antérieures, ce que comme les autres filles du MLF, j’ai entendu dans les années 70 et que l’on entend encore, au grand étonnement des jeunes et dynamiques féministes d’aujourd’hui : qu’il faut s’en tenir à la nature, qu’oser affirmer qu’il y a une part culturelle et donc construite dans ce qui s’appelle le masculin et le féminin annule la différence des sexes, que l’égalité entre les hommes et les femmes fait perdre à ces dernières leur féminité… Autant de répétitions, décennie après décennie, siècle après...

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Et ils résumèrent leur vie…2012

Dans le numéro de juin 2012 de La revue LA FAUTE A ROUSSEAU

« Et ils résumèrent leur vie »

Mon premier livre, il y a une quinzaine d’années : une autobiographie politique, ainsi titrée Un chagrin politique.Autobiographie politique ? Soit : reprendre un cheminement, de pensées et d’actions. D’engagements. De combats. Dire pourquoi ceci et pourquoi cela. Du moins le tenter. A la fois raconter, transmettre, rendre des comptes. En faire aussi. Et au moment des comptes, à l’entrée de la cinquantaine, dire : un chagrin. Ah bon, on peut éprouver un chagrin politique ! Deux sens : éprouver du chagrin à cause de la politique. Et que ce chagrin soit en lui-même politique, car somme toute, si l’on éprouve du chagrin, c’est que l’on n’est pas complètement résigné, insensible, inerte.

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MLF et chansons

40 ans de MLF en chansons
Chansons et MLF : un assemblage qui se noue dès le début, comme si l’une des meilleures manières de dénoncer oppression et oppresseurs, était de le faire en chansons. Pour critiquer, refuser, se moquer, oui, mais pas seulement. Aussi pour affirmer une fierté d’être femme, la joie de se mettre en mouvement, le plaisir d’être ensemble…

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Je suis une femme, pourquoi pas vous?

Ce livre, qui reprend une partie des articles que j’ai publiés dans Libération, commence à la fin de l’année 1974, parce que c’est à ce moment-là que je suis entrée à Libération. J’aurais pu dire « devenue journaliste à Libération », mais le mot « entrée » me semble plus adéquat. Certes, on n’entrait pas à Libé comme dans les ordres, cependant on n’y allait pas juste pour être journaliste ou pour avoir un gagne-pain, fort modique d’ailleurs !
Je suis une femme pourquoi pas vous ?
1974-1979 : Quand je racontais le mouvement des femmes dans Libération
Ed Michel de Maule, Mars 2010
EXTRAITS DE L’AVANT PROPOS

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32 jours de mai

Ce roman, j’aurais préféré qu’il porte le titre que je lui avais choisi, Fragments d’un livre de mai,
j’aime bien ce mot « fragments », et ce livre, en effet, est composé de fragments, « fragments d’existence soustraits au temps », pour reprendre ces mots de Proust, mais il est aussi fragmenté, comme la mémoire, justement, et comme la vie,
des bouts de vie, des vies en mai,
mai 68 en France, le mai de Jeanne et de Louise,
ou mai 1882, le mai de Lou et de Nietzsche en Italie,
ou mai 1981, ou mai 1993…
Mais il paraît que ce titre était trop compliqué, ou pas assez explicite, donc c’est un autre titre
pour ce roman de l’attente, attente de la révolution et attente d’une déclaration d’amour,
un roman dont mai 68 est peut être le personnage principal ou central, mais qui n’est pas un roman sur Mai, plutôt un roman de Mai, c’est-à-dire venant de là, de ces jours là, de cette existence-là, de cette ouverture-là,
roman d’une nostalgie assumée,
roman-essai ou plutôt méditation sur l’enchantement et le désenchantement, sur l’engagement et le courage, sur la fidélité, sur l ‘amertume du jeu social, sur le rapport à la souffrance des autres et la réconciliation avec ce que Vassili Grossman, appelle, dans Vie et destin, la bonté anonyme, la bonté sans idéologie.

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