Martine Storti

Pour un féminisme universel (Le Seuil)

POUR UN FEMINISME UNIVERSEL  République des idées/Seuil    112 pages. 11,8euros

Ce n’est pas parce que la ligne de crête est un chemin présentant quelques dangers qu’il ne faut pas l’emprunter
Ce livre répond à une triple nécessité :
*Interpeller ce qui se donne actuellement, pour de la radicalité féministe avec ses figures obligées (conjugaison sexe, race, classe, qui se dit aussi : antisexisme, antiracisme, anticapitalisme ; ou encore intersectionnalité,décolonialité, afroféminisme…)
*Ne pas abandonner la critique de ces dérives à une mouvance de droite et d’extrême droite qui instrumentalise le féminisme dans une perspective identitaire, nationaliste mais aussi raciste (racisme anti-noir, anti-arabe, anti-musulman, anti-immigrés…) pour vilipender l’instant d’après un « néo-féminisme » (terme qui est un outil de disqualification plurielle) là aussi construit par amalgames et homogénéisation.
*Pour tenir à distance les confusions et les intimidations des deux bords et refuser  une double occidentalisation  (celle qui fait de l’égalité femmes/hommes une donnée de l’Occident, lui ôtant du même coup son historicité, et celle qui la rend synonyme de l’Occident colonial et « civilisationnel ») il faut restaurer l’universel.
L’universel est mensonger quand il est en surplomb, il ne l’est pas quand il est un processus, quand il se construit dans des luttes, dans des alliances et des convergences, dans un « en commun » des femmes, tant du côté de l’oppression que de l’émancipation.

Echos médiatiques
En 2020
27 septembre
sur le site re-belles
http://re-belles-50.over-blog.com/2020/09/pour-un-feminisme-universel.html
1er octobre
Entretien sur Charlie Hebdo
https://charliehebdo.fr/2020/10/societe/ni-decolonial-ni-identitaire-pour-un-feminisme-universel/
et article sur Philomagazine
https://www.philomag.com/articles/pour-un-feminisme-universel-de-martine-storti
7 octobre
Sur Europe1 : entretien avec Patrick Cohen
https://www.youtube.com/watch?v=uhZYEiodPOQ&feature=youtu.be&ab_channel=Europe1
8 octobre
Article Charlie Hebdo par Laure Daussy
9 octobre
sur Clara magazine numéro 181
https://clara-magazine.fr/le-feminisme-comme-un-universel-entretien-avec-martine-storti/
sur Public Sénat émission Livres et vous
https://www.publicsenat.fr/emission/livres-vous/question-s-sur-l-universalisme-184451
16 octobre
Le Monde article de Valentine Faure : https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/15/plaidoyer-pour-un-feminisme-du-monde-reel_6056078_3232.html
version internet sous le titre Plaidoyer pour un féminisme du monde réel
et version papier sous le titre Voyage dans la galaxie féministe.
je préfère le premier!
18 octobre
Article sur le site québecois Sisyphe
http://sisyphe.org/spip.php?article5588
et sur le site de la fondation Jean Jaurès entretien avec Juliette Claviere
https://jean-jaures.org/nos-productions/pour-un-feminisme-universel
27 octobre
Entretien avec Florence Chéodal La Montagne et l’Echo républicain
https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/intersectionnel-postcolonial-antiraciste-le-feminisme-se-dilue-t-il-dans-les-adjectifs_13862399/
1er novembre
sur site Médiapart
https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/011120/feminisme-decolonial-vs-feminisme-universel-le-debat
3 novembre Vidéo ed du Seuil
https://www.seuil.com/ouvrage/pour-un-feminisme-universel-martine-storti/9782021452334
4 novembre
sur le site Non fiction, article d’Alain Policar
https://www.nonfiction.fr/article-10546-le-feminisme-ou-luniversel-subversif.htm
6 novembre
Irène Théry sur Facebook

9 novembre
sur site Voix de l’hexagone
https://voixdelhexagone.com/2020/11/09/en-changeant-la-condition-des-femmes-cest-la-societe-tout-entiere-qui-est-changee-entretien-avec-martine-storti/
sur 20 minutes avec Aude Lorriaux
https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2903079-20201109-feminisme-universel-suffit-ouvrir-yeux-voir-explique-martine-storti
10 novembre
Entretien sur Revista rosa, revue brésilienne http://revistarosa.com/2/entrevistas-com-martine-storti-e-francoise-picq
12 novembre
Sur Judaïques FM dans l’émission L’étoile et le jasmin
15 novembre sur ResPublica
http://www.gaucherepublicaine.org/a-lire-a-voir-a-ecouter/un-feminisme-de-la-vraie-vie-deux-lectures-complementaires/7418267
Bizarre de faire l’éloge d’un livre que je critique beaucoup comme si les deux ouvrages disaient la même chose!
26 novembre
Entretien dans L’Express
https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/martine-storti-il-n-est-pas-tres-malin-de-faire-du-rejet-des-hommes-une-ligne-politique_2139240.html
Ce n’était pas la phrase la plus importante mais elle a été mise en exergue hélas!
1er décembre
entretien dans l’Humanité avec Anna Musso
https://www.humanite.fr/martine-storti-pour-un-feminisme-universel-sans-cesse-en-construction-696864
http://martine-storti.fr/wp-content/uploads/2020/10/entretien-Huma-pdf-Martine-Storti-1.pdf
Article sur site de l’Observatoire des inégalités
https://www.inegalites.fr/Pour-un-feminisme-universel
3 décembre
article d’Awa Thiam sur site sénégalais
https://sensite.sn/pour-un-feminisme-universel-par-awa-thiam/?fbclid=IwAR1be188TM30G2jmDXiwdONFWsumdCT50KG_Mpz1Cpm-1LXEkNAxoiHyUD0
Le 7 décembre
Entretien sur Terriennes
https://information.tv5monde.com/terriennes/le-feminisme-est-un-chantier-qui-se-dessine-au-fil-des-luttes-selon-martine-sorti-386654
8 décembre
entretien Libération avec Sonya Faure
https://www.liberation.fr/debats/2020/12/07/martine-storti-le-feminisme-doit-etre-universel-et-ouvert_1807946
13 décembre : sur RFI/idées
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/id%C3%A9es/20201211-martine-storti-pour-un-f%C3%A9minisme-universel-et-audrey-c%C3%A9lestine-des-vies-de-combat-femmes-noires-et-libres
14 décembre : sur 50-50 magazine
https://www.50-50magazine.fr/2020/12/14/pour-un-feminisme-universel-rencontre-avec-martine-storti/
19 décembre: sur Alternatives économiques
https://www.alternatives-economiques.fr/un-feminisme-universel/00095024
En 2021
Janvier dans la revue Etudes
https://www.revue-etudes.com/article/des-feminismes-une-realite-23138
12 janvier dans Marianne
https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/martine-storti-luniversalite-de-la-domination-masculine-exige-un-feminisme-universel
Janvier dans le bulletin de l’ANEF (N°70)
Article de Françoise Picq pages 91-93 http://francoisepicq.fr/site/wp-content/uploads/2021/03/NL-pour-un-feminisme-universel.pdf
Mars
Entretien avec Philippe Foussier dans les revues Espaces de liberté (n°497) et Le Droit de vivre (N° 682)
Sur site Hypothèses Entretien avec Tiphaine Martin “Alliance, solidarité, sororité, la ligne de crête” https://vadmc.hypotheses.org/1368
Article de Marie Gué dans la revue Germinal Mai 2021










Tribune dans Libération à propos de la non mixité, des années 1970 à aujourd’hui

Paru sur site le 23 mars et sur version papier le 30 mars

Il y a quarante-cinq ans, en mars 1976, se tenait à Bruxelles le Tribunal international des crimes contre les femmes, avec près d’un millier de participantes, venues de nombreux pays pour témoigner des multiples violences subies et des multiples manières de les combattre. Sur quoi les comptes rendus de plusieurs médias de l’époque insistèrent-ils en priorité ? Sur le fait que les cinq journées étaient interdites aux hommes, fussent-ils journalistes. La non-mixité de sexe se transformant même, par exemple pour Paris Match – j’ai l’article sous les yeux – en «tribunal anti-hommes». On devine que si avaient alors existé Internet, réseaux sociaux et chaînes d’infos en continu, ledit tribunal les aurait occupés un moment !

Ce n’était pas la première fois, cependant, que la non-mixité de sexe suscitait critiques, énervement, injures et polémiques. Elle choqua dès les débuts du MLF (mouvement de libération des femmes) et tout au long des années 70. Cet «entre-femmes» délibéré était insupportable à beaucoup, hommes comme femmes. Combien de fois les filles du MLF ont-elles entendu les antiennes, énoncées en mode modéré : «Sans le soutien des hommes, vous n’y arriverez jamais», «il faut se battre ensemble» ou plus souvent en mode vindicatif : «Haine des hommes», «toutes des lesbiennes», des «hystériques», des «mal baisées» et j’en passe !

C’est qu’il y avait en effet dans cette affirmation que les femmes devaient se retrouver entre elles et seulement entre elles pour tracer un chemin de libération, une audace inadmissible, d’autant qu’elle émanait d’un camp politique, celui de l’extrême gauche, qui affirmait sans cesse la nécessaire articulation – on ne parlait pas alors d’intersectionnalité – de toutes les luttes.

Peut-on comparer cette non-mixité de sexe à la non-mixité dite de race ou de couleur de peau qui fait actuellement débat ? Je le crois. Des réunions sans participation de personnes blanches ne me semblent pas mettre en danger l’ordre républicain, comme cela a été dit et répété. Et ledit ordre me paraît bien davantage menacé par des inégalités et des discriminations que par quelques personnes noires qui décident de se réunir entre elles !

Si l’on débattait un peu calmement, en refusant la partie de ping-pong quotidienne entre des dogmatismes concurrents peut-être pourrait-on alors accepter qu’un mouvement d’émancipation ou de lutte contre des discriminations puisse avoir besoin d’un entre-soi libérateur pour se connaître et se reconnaître, se rencontrer et se raconter, pour découvrir un vécu commun, des expériences similaires. Peut-être pourrait-on aussi faire une distinction entre cette démarche et des idéologies qui trop souvent l’accompagnent, l’instrumentalisent ou la récupèrent. L’une n’entraîne pas nécessairement les autres.

Certaines militantes du MLF tiraient de la non-mixité de sexe la nécessité d’une séparation totale avec les hommes, aussi bien dans la vie publique que dans la vie privée, mais toutes n’ont pas pensé, agi et vécu ainsi. De même, dans ces années 70, Awa Thiam jugeait nécessaire de fonder une coordination des femmes noires tout en étant farouchement universaliste.

Aujourd’hui, il serait bon de ne pas assimiler réunions non-mixtes et idéologie décoloniale, celle qui essentialise blancs et non-blancs, qui considère la modernité occidentale comme intrinsèquement coloniale, impérialiste et raciste, et fait de la France une incarnation exemplaire de ce mal absolu ! Mais il serait bon aussi que les tenant·e·s de cette non-mixité affirment fermement que leur démarche ne se confond pas avec un tel catéchisme.

Une vie de combats par Liliane Chalon

« Une vie de combats », tel est le titre du livre que Liliane Chalon a consacré à sa mère Simone. Des combats, en effet, cette Simone-là, née en 1922 et morte en 2011 en a menés beaucoup. Et certains d’entre eux sont toujours au cœur de l’actualité. Il y a d’abord celui de la Résistance, « une évidence » dira-t-elle plus tard, durant la seconde guerre mondiale. Au fil des décennies, les noms des résistantes sont peu à peu sortis de l’oubli, montrant ainsi que la lutte contre le nazisme se conjuguait aussi et largement au féminin. La jeune Simone a 20 ans, elle habite Cluny et elle devient vite une agente de liaison entre des réseaux et maquis, embarquée ainsi dans la résistance bourguignonne, dont son père est l’une des figures. C’est aussi dans ce cadre qu’elle rencontre celui qui deviendra son mari. Fin de la guerre, naissance des enfants, et assez vite un autre engagement, celui pour la protection de l’enfance, d’abord aux côtés d’Alexis Danan...

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Entretien à la maison de Colette