Martine Storti

Je suis une femme, pourquoi pas vous?

Ce livre, qui reprend une partie des articles que j’ai publiés dans Libération, commence à la fin de l’année 1974, parce que c’est à ce moment-là que je suis entrée à Libération. J’aurais pu dire « devenue journaliste à Libération », mais le mot « entrée » me semble plus adéquat. Certes, on n’entrait pas à Libé comme dans les ordres, cependant on n’y allait pas juste pour être journaliste ou pour avoir un gagne-pain, fort modique d’ailleurs !
Je suis une femme pourquoi pas vous ?
1974-1979 : Quand je racontais le mouvement des femmes dans Libération
Ed Michel de Maule, Mars 2010
EXTRAITS DE L’AVANT PROPOS

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Femmes afghanes…Taliban

Résolution adoptée par 200 organisations de défense des droits des femmes et de la société civile afghaneHôtel Intercontinental – Kaboul, Afghanistan, le 25 janvier 2010 Le 28 janvier 2010 va se tenir à Londres une conférence au cours de laquelle sera discuté un plan de négociation avec les taliban. Nous, ici réunis, organisations de défense des droits des femmes et de la société civile afghane, participant à ce rassemblement historique, avons acté les points suivants : 1.      En vertu du fait que les taliban ont de façon permanente violé les droits des hommes et des femmes de notre pays, et ce, pendant et après qu’ils ont été au pouvoir, nous exprimons clairement et fermement notre objection à toute négociation avec les taliban. 2.      Nous voulons la paix et la sécurité dans notre pays, mais nous affirmons que la Constitution afghane et la Déclaration internationale des Droits de l’Homme ne sauraient, en aucun cas, être soumises à un marchandage.3.      Nul, y compris l’Etat afghan, n’a le droit...

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La somme de nos lâchetés particulières 2009

Article paru dans Libération du 21 février 2009

« La somme de nos lâchetés particulières »

Samedi, « Monsieur le flic… »
Le héros du dernier film de Costa Gavras, Eden à l’Ouest, prépare son entrée en France en apprenant la langue de ce pays qui, espère-t-il, va l’accueillir à bras ouverts. Il s’exerce notamment à dire correctement : « merci monsieur l’agent ». Sage précaution. Mon père, lui, a appris le français sur le tas, c’est-à-dire à l’usine, dans les bistros, les dancings.

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A propos de l’identité nationale Janvier 2010

Quelques pages extraites de mon livre paru en 2008: "L'arrivée de mon père en France"  Et bien plus tard, tant d’années après l’enfance, alors que l’on venait de s’engager dans les deux dernières décennies du vingtième siècle, une ancienne rengaine fut remise au goût du jour. A nouveau on se mit à entendre ce que d’autres avaient entendu avant-guerre, dans les années trente du même siècle, oui à nouveau, comme dans les années trente, des voix s’élevèrent pour dénoncer ceux qui volent-le-pain-et-le-travail-des-Français, pour affirmer que l’identité nationale était menacée, pour décider ce qu’était être français. Cela commença par un murmure, du côté de Dreux, beffroi 12 ème siècle, église Saint-Pierre du 13ème, chapelle royale Saint-Louis du 19 ème, rues pittoresques, maisons à pan de bois… Et en surplomb, sur les plateaux, des cités aux noms bien de chez nous, Les Chamards, Les prod’hommes, Le lièvre d’or, cités, tours, HLM, et dans ces HLM, des travailleurs, des ouvriers, pas bien riches, qu’ils soient français ou pas...

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A propos de l’identité nationale..1996.

Extrait de mon livre : « Un chagrin politique » 1996. Où il est question d’identité nationale et d’identité française…
Etait-ce parce que j’étais moi-même fille d’immigré que j’ai vécu cette question comme une affaire personnelle? Sans doute. Encore que je fasse partie de ceux qui jugent qu’il y a des principes pour lesquels il faut se battre, même si leur mise en cause ne renvoie pas à une situation personnelle. Je n’ai jamais eu à souffrir d’avoir un père italien. Mais il est vrai qu’en entendant les propos sur les immigrés d’aujourd’hui, je ne pouvais m’empêcher de songer à ceux tenus avant-guerre à l’égard des immigrés italiens, ou aux émeutes anti-italiennes dans le sud-est de la France à la fin du siècle dernier. Ni aux réflexions entendues par ma mère lorsqu’elle épousa mon père, un « macaroni ».

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Douce France : rafles, rétentions, expulsions

Olivier LE COUR GRANDMAISON (dir.), Douce France : rafles, rétentions, expulsions , Paris : Seuil / RESF , oct. 2009

Résumé présenté par l’auteur

Nous connaissons les existences et les espoirs ruinés de ceux qui sont raflés placés en centre de rétention, puis forcés d’embarquer dans des avions ou des navires à destination de leur pays d’origine. Telle est la situation qui nous porte à écrire, telle est la raison d’être de ce livre : témoigner, penser, résister, autant que faire se peut. »

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Roman Polanski, Kouchner, Mitterrand…septembre 2009

On peut juger que la récente arrestation de Roman Polanski en Suisse relève non d'un souci de justice mais d'un règlement de comptes helvético-américain qui n'a rien à voir avec Polanski. On peut demander pourquoi cette arrestation maintenant et pas plus tôt alors que Polanski va en Suisse fréquemment, y possédant une maison, nous dit-on. On peut estimer que la justice américaine fait preuve d'acharnement à son égard. Ou que même non jugée une affaire peut être prescrite et que 30 ans est une durée raisonnable. On peut aussi penser qu'après tout, puisque la victime, contre espèces sonnantes et trébuchantes, a retiré sa plainte, il conviendrait d'en rester là. Oui, on peut admettre toutes ces remarques. Admettre ne veut pas dire nécessairement les partager, juste les trouver admissibles, pouvant être prises en compte, sinon en considération. En revanche ce qui est inadmissible, en tout cas moi je me permets de ne pas l'admettre, ce sont les arguments utilisés pour "défendre Polanski". Comment faire ça à...

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14 juillet, du pain et des jeux (12 juillet2009)

La crise, quelle crise? Vous êtes une association, vous avez un projet, vous espérez une subvention de l'Etat ou d'une collectivité territoriale, n'y comptez pas trop, c'est la crise, les caisses sont vides, nous dit-on, on ne peut plus rien financer, faut se serrer la ceinture… Caisses vides, mais quand même assez pleines pour financer les incontournables fêtes du 14 juillet. Je ne parle même pas du défilé, dont je ne saurais même pas dire le coût, ni de la réception à l'Elysée, ni des diverses réceptions dans les mairies, les ambassades, les consulats… Non je parle des festivités parisiennes, telles que nous les présente Le Monde dans son édition des 12 et 13 juillet. Côté Etat c'est le concert de Johnny Hallyday au Champ-de-mars, choix de la vedette par le président soi-même, 700000 personnes annoncées, coût de l'opération, dit Le Monde, 1,9 million d'euros pris sur les deniers du ministère de la culture. A quoi il faut ajouter les dégâts probables que subiront les...

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