C’est par l’Iran de 1979 que j’ai commencé mon livre « Pour un féminisme universel »

Le 8 mars 1979 et les deux jours suivants, par milliers, des Iraniennes manifestaient dans les rues de Téhéran, refusant avec énergie et courage de se plier à l’injonction qui leur était faite par l’ayatollah Khomeiny, tout juste rentré dans son pays, de porter au moins un voile devant « couvrir la tête et le cou ». En 1979, des féministes de divers pays et pas seulement occidentaux, affirmèrent une solidarité politique avec les manifestantes iraniennes, ayant alors plus de lucidité à l’égard du régime qui s’annonçait que bien des gouvernements et bien des intellectuels ou militants d’extrême gauche qui n’avaient pour...

Lire la suite...

« Féminisme intégral » et « féminisme décolonial » : deux faces d’une régression/restauration

Le « féminisme intégral » dit : « nous ne voulons pas de cette émancipation-là, car elle est libérale, anti-écolo, soumise à la science, annule la différence des sexes…» Le « féminisme décolonial » dit : « nous ne voulons pas de cette émancipation-là car elle est blanche, néocoloniale, raciste, islamophobe… » N’est-ce-pas s’émanciper de l’émancipation qui est dans les deux cas l’objectif ?

Lire la suite...

Se mettre du côté de celles qui n’ont pas le choix. 5 avril 2016

A propos de la mode dite « islamique » ou « pudique »

Tribune parue dans Libération du 5 avril 2016
En 2004, le philosophe Alain Badiou qualifiait la loi interdisant le voile à l’école de « loi capitaliste pure », ordonnant que « la féminité soit exposée, autrement dit que la circulation sous paradigme marchand du corps féminin soit obligatoire ». Une décennie plus tard, « la mode islamique » lancée par certaines marques, permet de prendre la mesure de la pertinence de l’analyse !

Pour vendre, le capitalisme, encore appelé « paradigme marchand », ou néolibéralisme économique, comme on voudra, s’accommode de tout, des corps féminins dénudés comme des corps couverts, des fesses exposées comme des cheveux cachés, du string comme du burkini. Pourquoi ne pas s’y mettre puisqu’il y a un marché de la burka à fleurs et du tchador à carreaux ? Pourquoi de surcroît, ne pas les qualifier, trouvaille géniale de communicant, de « mode pudique » ?

Lire la suite...