Mots clés : Libération

Se mettre du côté de celles qui n’ont pas le choix. 5 avril 2016

A propos de la mode dite « islamique » ou « pudique »

Tribune parue dans Libération du 5 avril 2016
En 2004, le philosophe Alain Badiou qualifiait la loi interdisant le voile à l’école de « loi capitaliste pure », ordonnant que « la féminité soit exposée, autrement dit que la circulation sous paradigme marchand du corps féminin soit obligatoire ». Une décennie plus tard, « la mode islamique » lancée par certaines marques, permet de prendre la mesure de la pertinence de l’analyse !

Pour vendre, le capitalisme, encore appelé « paradigme marchand », ou néolibéralisme économique, comme on voudra, s’accommode de tout, des corps féminins dénudés comme des corps couverts, des fesses exposées comme des cheveux cachés, du string comme du burkini. Pourquoi ne pas s’y mettre puisqu’il y a un marché de la burka à fleurs et du tchador à carreaux ? Pourquoi de surcroît, ne pas les qualifier, trouvaille géniale de communicant, de « mode pudique » ?

Lire la suite...

14 février 2014 : Ne pas oublier la liberté

Chaque génération de féministes en fait hélas l’apprentissage. De la bêtise, de la manipulation, et pour une part plus réduite, de la saloperie. Le débat qui se joue depuis quelques semaines sur la scène médiatico-politique française en est la démonstration. Une fois de plus en effet il faut entendre ce que Simone de Beauvoir a entendu lors de la publication de son livre Le deuxième sexe dans les années 50, ce que d’autres avant elle avaient entendu, au long des décennies antérieures, ce que comme les autres filles du MLF, j’ai entendu dans les années 70 et que l’on entend encore, au grand étonnement des jeunes et dynamiques féministes d’aujourd’hui : qu’il faut s’en tenir à la nature, qu’oser affirmer qu’il y a une part culturelle et donc construite dans ce qui s’appelle le masculin et le féminin annule la différence des sexes, que l’égalité entre les hommes et les femmes fait perdre à ces dernières leur féminité… Autant de répétitions, décennie après décennie, siècle après...

Lire la suite...
mlf_liberation

Je suis une femme, pourquoi pas vous?

Ce livre, qui reprend une partie des articles que j’ai publiés dans Libération, commence à la fin de l’année 1974, parce que c’est à ce moment-là que je suis entrée à Libération. J’aurais pu dire « devenue journaliste à Libération », mais le mot « entrée » me semble plus adéquat. Certes, on n’entrait pas à Libé comme dans les ordres, cependant on n’y allait pas juste pour être journaliste ou pour avoir un gagne-pain, fort modique d’ailleurs !
Je suis une femme pourquoi pas vous ?
1974-1979 : Quand je racontais le mouvement des femmes dans Libération
Ed Michel de Maule, Mars 2010
EXTRAITS DE L’AVANT PROPOS

Lire la suite...

Pascal Sevran, Jack Lang, parti socialiste (18janvier 2007)

Pascal Sevran a beaucoup d’amis, des amis chers, qui prennent la peine, dans Libération du jeudi 11 janvier, de dire qu’il n’est pas raciste. Nommons-les, pour le plaisir : Christian Authier, Philippe Besson, Christine Clerc, Benoît Duteurtre, France Gall, Christophe Girard, Roger Hanin, Frédéric Mitterrand, Renaud, Thierry Séchan, Denis Tillinac. On appréciera la qualité et la diversité.   Dans Le Monde du 10 janvier, Jack Lang, qui, lui aussi, très vite, en décembre 2006, avait tenu a déclaré son amitié pour P.S., déclare que ses interrogations sur Ségolène, avant son ralliement, portait sur sa « sensibilité particulière aux enquêtes d’opinion, ou à l’opinion.» Nul n’ignore en effet que l’ex ministre de la culture, l’ex ministre de l’éducation nationale a, lui, toujours été indifférent à ce genre de considérations ! Dans Le Monde des 14/15 janvier, on peut lire un court article de Robert Kemp, publié dans Le Monde du 16 janvier 1957, à propos d’une lecture de Mon Faust Paul Valéry faite par de jeunes comédiens au Théâtre...

Lire la suite...

Un chagrin politique

L’impression d’avoir eu deux vies, l’une avant 1981, l’autre après. Avant : l’enfance dans une famille ouvrière, le salut par l’école de la République, les études à la Sorbonne, l’engagement politique, le désir de révolution, le bonheur de Mai 68, l’enseignement de la philosophie dans une ville du nord, le Mouvement de libération des femmes, le journalisme à Libération. Après : la gauche au pouvoir, la pesante décennie quatre-vingt, les années des gagnants et des gagneurs…

Ce livre est une sorte d’autobiographie politique, un récit singulier, non sur le registre de la confession, ou de la mise en scène, de l’auto-hagiographie ou de l’auto-flagellation. Mais avec le souci de retracer les différents moments d’un parcours politique, d’une expérience sociale. De faire les comptes. D’en rendre aussi…

Lire la suite...