Martine Storti

« Trois guinées » Virginia Woolf

« Dites-nous, s’il vous plaît, pourquoi vous ache­tez trois quotidiens et trois hebdomadaires ? — Parce que, répondrait-elle, je m’intéresse à la politique et je désire être au courant des faits. — Un désir tout à fait remarquable, madame, mais pourquoi trois ? Ne sont-ils pas d’accord sur les faits ? Et s’il en est ainsi, pour­quoi trois ? » À quoi elle répondra, avec quelque iro­nie : « Vous prétendez être une fille d’homme cultivé, et vous prétendez cependant ignorer les faits. En gros, vous semblez oublier que chacun de ces journaux est financé par un conseil d’administration. Que chacun de ces conseils d’administration a sa propre politique. Que chaque conseil d’administration emploie des écri­vains pour diffuser cette politique; et s’ils ne sont pas d’accord avec cette politique, ces écrivains, ne l’oubliez pas, se retrouveront dans la rue, au chômage. C’est pourquoi, si l’on tient à connaître le moindre fait politique, la lecture d’au moins trois journaux dif­férents est indispensable. Il nous faudra comparer au moins trois versions du même fait pour parvenir à notre propre conclusion. D’où ces trois journaux sur ma table. »

Lire la suite...

Histoire… Etrangers… Féminisme…2 avril 2010

 En bloc-notes de ce début d’avril, deux belles tribunes et un entretien publiés dans Le Monde Christophe Deltombe, François Soulage, Patrick Peugeot dans Le Monde du 1er avril : code des étrangers, un durcissement supplémentaire, sous couvert de l'Europe  Arlette Farge dans Le Monde du 31 mars : Transmettre le passé afin d'interroger ce qu'il y a de cassé dans notre nation Liliane Kandel dans Le Monde du 12 mars : "Le centre de gravité du féminisme s'est déplacé"    

Lire la suite...

A propos de « L’arrivée de mon père en France »


Par Thetapress

Par Thetapress

Martine Storti : « A l’époque, les tracts étaient écrits par des hommes mais tapés par les femmes ! »

Un soir à Sarzane, 2008

Un soir à Sarzane A Pise il pleuvait. Mais en arrivant à Sarzane, dans l’après-midi de ce 5 juin 2008, le soleil fit son apparition. Un soleil agréable, bienveillant, avec juste ce qu’il faut de chaleur pour flâner dans les ruelles de la si charmante bourgade, pour s’offrir une glace au café Costituzionale, pour regarder les enfants courir sur la place Matteotti. Cette place, j’allais la retrouver un peu plus tard, à la tombée du jour, et pour la première fois pénétrer dans la mairie et même dans la  sala del consiglio, lambris, plafond peint, portraits des gloires sarzanaises, et ces personnes inconnues, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, gens de Sarzane, venus là, dans le cadre de la semaine Libri per  strada… Venus pour quoi exactement ? Pour m’entendre parler d’un livre qu’ils n’ont pas lu, puisque pas traduit en italien, de ce que ce livre dit de Sarzane, de ce qu’une fille dit de son père, son père l’italien parti de là au...

Lire la suite...

Je suis une femme, pourquoi pas vous?

Ce livre, qui reprend une partie des articles que j’ai publiés dans Libération, commence à la fin de l’année 1974, parce que c’est à ce moment-là que je suis entrée à Libération. J’aurais pu dire « devenue journaliste à Libération », mais le mot « entrée » me semble plus adéquat. Certes, on n’entrait pas à Libé comme dans les ordres, cependant on n’y allait pas juste pour être journaliste ou pour avoir un gagne-pain, fort modique d’ailleurs !
Je suis une femme pourquoi pas vous ?
1974-1979 : Quand je racontais le mouvement des femmes dans Libération
Ed Michel de Maule, Mars 2010
EXTRAITS DE L’AVANT PROPOS

Lire la suite...

Femmes afghanes…Taliban

Résolution adoptée par 200 organisations de défense des droits des femmes et de la société civile afghaneHôtel Intercontinental – Kaboul, Afghanistan, le 25 janvier 2010 Le 28 janvier 2010 va se tenir à Londres une conférence au cours de laquelle sera discuté un plan de négociation avec les taliban. Nous, ici réunis, organisations de défense des droits des femmes et de la société civile afghane, participant à ce rassemblement historique, avons acté les points suivants : 1.      En vertu du fait que les taliban ont de façon permanente violé les droits des hommes et des femmes de notre pays, et ce, pendant et après qu’ils ont été au pouvoir, nous exprimons clairement et fermement notre objection à toute négociation avec les taliban. 2.      Nous voulons la paix et la sécurité dans notre pays, mais nous affirmons que la Constitution afghane et la Déclaration internationale des Droits de l’Homme ne sauraient, en aucun cas, être soumises à un marchandage.3.      Nul, y compris l’Etat afghan, n’a le droit...

Lire la suite...