Martine Storti

Oui au féminisme, oui à l’Europe

Certes la situation de bien des Européennes est enviable comparée à celle des femmes de nombreux pays. Est-ce une raison pour la trouver satisfaisante ?

Pour une femme qui comme moi appartient à la génération MLF des années 70, les progrès accomplis sont évidents. Mais les plus jeunes, et singulièrement celles qui ont l’âge que nous avions pour la plupart à l’époque estiment que leur situation n’est pas si brillante que ça. Et pour le dire, elles se mobilisent en constituant, pour les élections européennes du 25 mai, ces listes intergénérationnelles Féministes pour une Europe solidaire, déposées dans les huit circonscriptions françaises.

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14 février 2014 : Ne pas oublier la liberté

Chaque génération de féministes en fait hélas l’apprentissage. De la bêtise, de la manipulation, et pour une part plus réduite, de la saloperie. Le débat qui se joue depuis quelques semaines sur la scène médiatico-politique française en est la démonstration. Une fois de plus en effet il faut entendre ce que Simone de Beauvoir a entendu lors de la publication de son livre Le deuxième sexe dans les années 50, ce que d’autres avant elle avaient entendu, au long des décennies antérieures, ce que comme les autres filles du MLF, j’ai entendu dans les années 70 et que l’on entend encore, au grand étonnement des jeunes et dynamiques féministes d’aujourd’hui : qu’il faut s’en tenir à la nature, qu’oser affirmer qu’il y a une part culturelle et donc construite dans ce qui s’appelle le masculin et le féminin annule la différence des sexes, que l’égalité entre les hommes et les femmes fait perdre à ces dernières leur féminité… Autant de répétitions, décennie après décennie, siècle après...

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Niveau closer

Ah qu’ils étaient contents, contents du Président de la République et contents d’eux, ces vieux messieurs présents sur le plateau de Ce soir ou jamais du 17 janvier dernier. Oui, c’est avec plaisir, satisfaction et même fierté que Georges Kiejman, 81 ans, Philippe Sollers, 77 ans, Jean-Michel Ribes, 67 ans, jugeaient que François Hollande « habitait enfin la fonction ». A preuve sa conférence de presse, à preuve aussi sa vie sentimentale. Il faut protéger la vie privée, affirmaient-ils, ne pas mêler vie privée et vie publique, mais que faisaient-ils d’autre que lier les deux quand ils nous expliquaient, tel Sollers, que Hollande était bien meilleur depuis qu’il avait eu « la force de s’échapper du matriarcat féroce » qui pesait sur lui (toujours la faute des femmes, bien sûr !) ; ou bien, quand ils nous affirmaient, tel Kiejman, qu’« Hollande n’avait jamais eu une attitude aussi présidentielle » que depuis qu’il était amoureux. Ils disaient les mots « amoureux » et « amour », ils nous les répétaient et Sollers même en bavait mais on comprenait...

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11 décembre 2013 : A propos des rencontres de Genre en action

A propos des rencontres internationales Féministes ou non ? Organisées par le réseau Genre en action et Assaida Al Horra (du 5 au 7 décembre 2013)  Quand la confusion politique ne profite pas au féminisme   Ce n’était pas a priori une mauvaise idée que d’organiser dans un pays d’Afrique du Nord une rencontre internationale afin que « les féministes, je cite les propos introductifs de Claudie Vouhé, présidente de Genre en action, s’emparent des sujets qui font polémiques ». Donc pendant trois jours (5,6,7 décembre), à Tanger, quatre « axes thématiques » devaient être proposés aux 150 participantes venues de nombreux pays : « situer les féminismes au cœur des enjeux actuels du développement », « traiter la récurrente question des liens entre féminisme(s) et genre », « questionner le genre et l’intersectionnalité des situations d’inégalité ou de domination », «  interroger les notions d’universalisme, de culturalisme, de relativisme et les croiser avec les féminismes ».       Malheureusement le programme mis en œuvre à travers séances plénières et surtout tables rondes pré-organisées ne fut pas...

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Réfugiées syriennes au Liban,novembre 2013

Les femmes syriennes et palestiniennes réfugiées au Liban, victimes et actrices, enfermées dans la tradition et en rupture forcée avec elle.     Au Liban, on les appelle plutôt les « déplacé-es »   Toute de noir vêtue, seul son visage est visible, visage fin, fatigué, traits tirés, mais je vois bien qu’elle est jeune, très jeune même, 17 ans, peut-être 18, et dans ses bras un enfant auquel je ne donne pas plus de quelques jours, elle mendie avec son nouveau né dans une rue de Beyrouth, une mendiante parmi d’autres mendiants, c’est l’une des premières choses que l’on vous dit à propos des réfugiés syriens lorsque vous arrivez à Beyrouth, « maintenant il y a de la mendicité » (mais je verrai moins de mendiants dans les rues de la capitale libanaise que dans celles de Paris).   Je ne saurai jamais comment cette jeune femme est arrivée à Beyrouth ni comment elle y vit, juste savoir qu’elle est l’une parmi plus d’un million d’autres. Un million,...

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A propos des rencontres de Genre en action : Quand la confusion politique ne profite pas au féminisme

A propos des rencontres internationales Féministes ou non ?
Organisées par le réseau Genre en action et Assaida Al Horra

(du 5 au 7 décembre 2013)

Quand la confusion politique ne profite pas au féminisme

Ce n’était pas a priori une mauvaise idée que d’organiser dans un pays d’Afrique du Nord une rencontre internationale afin que « les féministes, je cite les propos introductifs de Claudie Vouhé, présidente de Genre en action, s’emparent des sujets qui font polémiques ».

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Congrès international féministe Déc 2010

Mon intervention en ouverture du congrès international Le féminisme à l’épreuve des mutations géopolitiques Décembre 2010     Ce congrès se tient dans le cadre des « 40 ans du MLF », anniversaire célébré au long de cette année 2010. Il n’était pas écrit à l’avance que les 40 ans du MLF serait objet et sujet d’un anniversaire. A-t-on fêté les 10 ans, les 20 ans, les 30 ans ? Non, tandis qu’à chaque décennie revenait la célébration de mai 68. Il y a eu les « 40 ans du MLF » parce que quelques-unes l’ont décidé. C’est ainsi : les « 40 ans » furent avant tout le fruit d’une décision. Et parce que cette décision a été prise, d’autres, nombreuses, multiples ont suivi : décisions de faire des expositions de photos, de projeter des films et des vidéos, d’écrire des livres, de réaliser des documentaires, des émissions de radio et de télévision, d’organiser des débats, des journées d’études, des rencontres, de se rassembler dans les rues ou sur une esplanade, de créer...

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Au liban on les appelles les déplacé-es

Les femmes syriennes et palestiniennes réfugiées au Liban, victimes et actrices, enfermées dans la tradition et en rupture forcée avec elle. Au Liban, on les appelle plutôt les « déplacé-es » Toute de noir vêtue, seul son visage est visible, visage fin, fatigué, traits tirés, mais je vois bien qu’elle est jeune, très jeune même, 17 ans, peut-être 18, et dans ses bras un enfant auquel je ne donne pas plus de quelques jours, elle mendie avec son nouveau né dans une rue de Beyrouth, une mendiante parmi d’autres mendiants, c’est l’une des premières choses que l’on vous dit à propos des réfugiés syriens lorsque vous arrivez à Beyrouth, « maintenant il y a de la mendicité » (mais je verrai moins de mendiants dans les rues de la capitale libanaise que dans celles de Paris). Je ne saurai jamais comment cette jeune femme est arrivée à Beyrouth ni comment elle y vit, juste savoir qu’elle est l’une parmi plus d’un million d’autres. Un million, (peut-être même est-ce davantage),...

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Novembre 2013 : Au Liban on les appelle les déplacé-es

Les femmes syriennes et palestiniennes réfugiées au Liban, victimes et actrices, enfermées dans la tradition et en rupture forcée avec elle.     Au Liban, on les appelle plutôt les « déplacé-es »   Toute de noir vêtue, seul son visage est visible, visage fin, fatigué, traits tirés, mais je vois bien qu’elle est jeune, très jeune même, 17 ans, peut-être 18, et dans ses bras un enfant auquel je ne donne pas plus de quelques jours, elle mendie avec son nouveau né dans une rue de Beyrouth, une mendiante parmi d’autres mendiants, c’est l’une des premières choses que l’on vous dit à propos des réfugiés syriens lorsque vous arrivez à Beyrouth, « maintenant il y a de la mendicité » (mais je verrai moins de mendiants dans les rues de la capitale libanaise que dans celles de Paris).   Je ne saurai jamais comment cette jeune femme est arrivée à Beyrouth ni comment elle y vit, juste savoir qu’elle est l’une parmi plus d’un million d’autres. Un million,...

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Univers-elles

Avant propos à la publication des actes du colloque Le féminisme à l'épreuve des mutations géopolitiques Vais-je dire qu’en tenant à Paris, au début du mois de décembre 2010, un congrès international sous le titre « Le féminisme à l’épreuve des mutations géopolitiques » nous savions qu’aux mutations géopolitiques déjà réalisées et bien visibles, d’autres, peu de temps après, allaient s’ajouter ? Non, je n’aurai pas cette audace. J’aurai cependant celle d’affirmer que la problématique énoncée, les interventions et les débats qui eurent lieu durant ce congrès auquel participèrent plus de 600 personnes, étaient en phase avec ce qui allait surgir bientôt en Tunisie d’abord, dans les derniers jours de décembre, puis faire son chemin en 2011 en Egypte, et dans d’autres pays arabes.    « Nous », c’est-à-dire des femmes du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest avons affirmé que les mensonges de l’universel ne devaient pas conduire à son abandon et qu’en réponse aux marquages et aux instrumentalisations identitaires de...

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