Martine Storti

Le masculin ne l’emportera pas au paradis Octobre 2013

Le masculin ne l’emportera pas (au paradis !) Article publié dans la revue La Faute à Rousseau, octobre 2013

En ce temps-là, on ne parlait pas de genre. Le mot était certes utilisé mais peu dans l’acception qui aujourd’hui agite tant certains esprits. On le trouvait, par exemple, dans la chute si terrible et drôle à la fois d’Un amour de Swann : « Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre ! »
Ou encore dans cette expression « avoir mauvais genre », sans qu’il soit alors vraiment précisé ce que « mauvais » signifiait. Et encore évidemment dans la grammaire qui distinguait le genre masculin et le genre féminin et qui décidait : le masculin l’emporte. Ce qui continue, hélas !

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Les patins à roulettes. Octobre 2011

Les patins à roulettes Revue La faute à Rousseau. Octobre 2011

Moi aussi j’avais des patins à roulettes. Mais ils n’avaient pas la séduction des siens. Les miens, avec leurs quatre roues métalliques, étaient bruyants, lourds, lents, vulgaires. Lui, quand il s’élançait sur ses patins à trois roues recouvertes de caoutchouc, était léger, délicat, aérien.
Le luxe, la richesse, pour la fillette que j’étais dans les années cinquante, s’incarnaient d’abord dans ces patins à trois roues caoutchoutées avec lesquels s’amusait mon cousin germain. Pour mes parents la richesse passait plutôt par ces objets qu’ils n’avaient pas encore mais auraient plus tard – le frigidaire, le pick-up, la télévision, la machine à laver – et surtout par ces possessions qu’ils n’auraient jamais : la Cadillac, le grand pavillon en meulière, les meubles anciens, les bijoux, la villa sur la Côte d’azur, le manoir en Sologne…
De ces objets et possessions, eux les patrons, c’est-à-dire mon oncle et ma tante, en jouissaient sans songer un instant à les partager avec ceux qui étaient restés ouvriers, c’est-à-dire mes parents.

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Lampedusa : de pire en pire

Lampedusa : j’y suis allée en 2006, lorsque j’écrivais L’arrivée de mon père en France, déjà et depuis des longtemps, les naufrages, les morts, les larmes de crocodile… 2013, sept ans plus tard, rien n’a changé, pardon, si cela a empiré !

Ci dessous un extrait de « L’arrivée de mon père en France »

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Victor Hugo Les misérables

Les hommes sont ainsi faits que dans un salon vous pouvez être crotté partout, excepté sur les souliers. On ne vous demande là, pour vous bien accueillir, qu’une chose irréprochable ; la conscience ? non, les bottes…

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Jean-Jacques Rousseau

Dans le Contrat social

C’est parce que la force des choses tend toujours à détruire l’égalité que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir

Dans Considérations sur le gouvernement de Pologne

Tant que le luxe règnera chez les grands, la cupidité règnera dans tous les cœurs et s’il faut être riche pour briller la passion dominante sera d’être riche

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Non à la purification

On a voté Hollande, il a été élu, on a eu les droits des femmes plutôt que l’identité nationale, le mariage pour tous plutôt que le curé vaut mieux que l’instit, une justice qu’on laisse travailler plutôt que des procureurs aux ordres et des juges d’instruction harcelés, des medias plutôt indépendants du pouvoir politique. C’est déjà ça et ce n’est pas rien.

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8 mars 2013 : dans l’Humanité

De l’impossibilité de répondre à la question posée

1- Merci à l’Humanité de nous offrir cette tribune. D’emblée une remarque : pourquoi ne s’adresser qu’à la ministre des droits des femmes alors que c’est l’ensemble du gouvernement qui mène telle ou telle politique et que, s’agissant du sujet traité, il conviendrait d’interpeller Premier ministre et président de la République, histoire de les impliquer dans le « concret », pour reprendre l’adjectif utilisé.

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