Catégorie Nouveautés

Flaubert et la décomplexitude… 27 mai 2007

Flaubert dans L’éducation sentimentale. C’est un dîner chez les Dambreuse : « la plupart des hommes qui étaient là avaient servi, au moins, quatre gouvernements ; et ils auraient vendu la France ou le genre humain pour garantir leur fortune, s’épargner un malaise, un embarras ou même par simple bassesse, adoration instinctive de la force. »       Décomplexé, c’est le mot à la mode depuis le 6 mai. Mot que reprendraient Bouvart et Pécuchet ou qui figurerait dans le dictionnaires des idées reçues. Droite décomplexée, faudrait aussi que la gauche le soit, ambition décomplexée, sarkozette sans complexes, rapport décomplexé à l’argent, ça n’arrête pas. Décomplexé pour dire sans vergogne, ou sans scrupule, ou sans gêne, ou sans se soucier du vrai et du faux, du bien et du mal. Le complexe, voilà l’ennemi. Que vive la décomplexitude !Donc si vous trouvez assez nauséeux que des types qui étaient, il y a peu, dans l’équipe de Ségolène Royal, se retrouvent ministres dans un gouvernement Sarkozy-Fillon, eh bien, ce n’est pas un certain...

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Le yacht, le président Sarkozy et le philosophe Finkielkraut 12 mai

Donc le Fouquet’s, le jet privé, le yacht de luxe en Méditerranée, bref les premières heures et premiers jours du nouveau président de la République, cela a fait "honte" à Alain Finkielkraut. Il le dit dans Le Monde du 11 mai. Il espère néanmoins que Nicolas Sarkozy tiendra les promesses faites dans « des discours de très haute tenue » et notamment celle d’" incarner la France". Eh bien c’est cela, moi, que je trouve honteux, aussi. Que Finkielkraut ait pu et puisse encore s’en tenir aux discours, aux mots, comme si pour Sarkozy, les mots, les discours étaient autre chose que de l’apparence, de la manipulation, comme si Sarkozy n'était pas un "malfaiteur du langage", pour reprendre cette belle expression de David Grossmann dans le texte publié par le Nouvel Observateur de cette semaine. Evidemment je pourrais le dire aussi d’une autre manière, le dire comme les enfants dans l'un de leurs jeux, « pâte à crêpes, tu l’as cru » ! Enfin on a bien compris que l'un des...

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Mai 68, Sarkozy, Ségolène Royal (3 mai)

1) Mai 68, à nouveau, rendu responsable de tous les maux par Nicolas Sarkozy. Je dis à nouveau puisque ce n’est pas la première fois qu’il reprend l’antienne (cf. mon bloc-notes du 18 septembre où j’ai déjà montré comment le procès fait à Mai 68 a pour fonction évidente de masquer les causes de la dégradation ambiante). Cette fois, il en a rajouté une louche, en faisant de mai 68 la cause de la financiarisation du capitalisme et des golden parachutes de certains PDG. Quand même, c’est culotté. Je savais, pour reprendre les mots de Marx, que les hommes font leur propre histoire sans savoir quelle histoire ils font. Mais à ce point, je ne l’imaginais pas. En effet je n’avais pas jusqu’à présent imaginer que je portais, moi la vieille soixanthuitarde (assumée, revendiquée, voir 32 jours de mai) une quelconque responsabilité dans les millions d’euros que s’offrent en pot de départ des patrons bien connus pour avoir passé leur jeunesse dans des manifestations et des grèves!...

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Royal, oui. La cour, non (7 avril)

Je fais partie des 150 qui ont signé l’appel à voter Ségolène Royal au premier tour de l’élection présidentielle qui a été publié le 1er mars dans le Nouvel Observateur. Je ne regrette rien. Je le resignerais aujourd’hui s’il le fallait. Je persiste en effet a penser qu’il faut voter pour la candidate socialiste dès le premier tour. Nous étions 150, il parait que nous sommes 20000. J’ai appris cela en allant l’autre soir à la réunion de soutien organisée à Paris, à la maison de l’Amérique latine. 22 signataires donnant leurs raisons de voter Ségolène Royal le 22 avril. Intervenants intelligents et de qualité (sociologue, historien, psychanalyste, écrivain, avocat, journaliste, mathématicien, économiste, juriste…), parité (11 hommes, 11 femmes). Assistance qui l’était tout autant… Comment dire ce malaise, ce mal être qui, au fil de la soirée, s’est emparé de moi et a fait qu’aux deux tiers de l’affaire, je suis partie ? Quelque chose de trop. En trop. Trop d’affirmations qu’avec Ségolène, tout serait différent, que la...

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La traversée du Golfe d’Aden (31 mars)

L’autre soir, sur FR3, diffusion, dans l’émission Thalassa, d’un reportage que je n’ose qualifier de magnifique. Et pourtant ce qualificatif convient, dans son sens de « remarquable », « admirable en son genre » pour reprendre la définition du Robert. Oui magnifique est ce documentaire qui relate la traversée du Golfe d’Aden par des hommes, des femmes et même des enfants venus d’Ethiopie et de Somalie et qui tentent de rejoindre les côtes du Yémen. Qui tentent sans toujours y parvenir puisque l’ONU avance le chiffre de 1200 réfugiés morts en 2005 dans le Golfe d’Aden. Traversée terrible, les corps accroupis, des jours et nuits, les corps sans possibilité de mouvement, d’étirement, les corps entassés, presque emboités les uns dans les autres tant la place est minime. Et puis la soif, la faim, les vomissements…Et puis les coups des passeurs, des coups de ceinture, les baffes pour empêcher toute vélleité de révolte, de rebellion, tant celle-ci pourtant serait possible, une centaine d’hommes d’un côté, quelques-uns de l’autre… Le réalisateur...

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La voie Royal (7 mars)

Dans le contexte de l’actuelle socièté française, c’est-à-dire une socièté qui conserve encore, malgré des progrès non négligeables, des traits et des composantes misogynes, il est évident qu’une femme désirant être élue présidente de la République par le suffrage universel – je parle d’une femme le désirant vraiment et ne faisant pas seulement une candidature de témoignage – doit faire preuve d’une habileté stratégique particulière, spécifique, précisément parce qu’elle est une femme et qu’elle l’est dans une socièté où la différence homme/femme n’est pas seulement une différence mais une inégalité. Cette nécessité d’une stratégie spécifique, Ségolène Royal, qui a montré un culot inouï en osant se lancer dans cette candidature, l’a parfaitement et admirablement compris. Au moins deux mots résument sa stratégie : contourner et materner. Pour se faire désigner par le parti socialiste, pas d’autre manière que de le contourner pour s’appuyer sur l’opinion, les sondages, le médiatique. S’y serait-elle prise autrement – par le programme, le discours, l’appareil, la rigueur des analyses, la reconnaissance de...

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Petits plaisirs avec Alain Finkielkraut (3 mars 2007)

Ce qu’il y a d’épatant avec Alain Finkielkraut, c’est qu’on n’est jamais déçu. Jamais surpris non plus. On a bien, en effet, le spectacle auquel on s’attendait. Sans doute est-ce la raison de l'affection constamment renouvelée que lui accorde la scène médiatique. La semaine qui vient de s’écouler nous l’a derechef offert, au moins à travers deux émissions de télévision (il y en a peut être eu d’autres, pour ma part je me suis délectée de Ripostes sur France 5 le dimanche 25 février et de la bien nommée Esprits libres, sur France 2 le vendredi 2 mars.) Mine tourmentée, épaules écrasées par la mission qui est la sienne, délivrer le monde de sa bêtise, le ramener dans le droit chemin, je n’ose pas dire l’ordre juste, car j’aurais ainsi l’air de l’embarquer du côté de Royal (ce qui serait un crime de lèse-majesté), agacement et parfois même exaspération quand les autres parlent, sauf s’ils sont de part en part d’accord avec lui (non, j’exagère, même...

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De Mao à Sarko, c’est extra (2 février)

Alain Minc, l’autre matin, sur France-culture nous a informé qu’il aurait voté pour Dominique Strauss-Khan s’il avait été le candidat du parti socialiste mais puisqu’il ne l’est pas, il votera pour Nicolas Sarkozy. Dans la foulée, il nous a fait part de sa détestation de la démocratie participative, nous a doctement expliqué que les citoyens ne détenaient aucune expertise, raison pour laquelle seule la démocratie représentative était défendable. Venant de quelqu’un qui a dit au cours des années une chose et son contraire et s’est trompé à peu près sur tout, on est rassuré quant à la qualité de son expertise.   André Glucksmann, lui, rêvait d’une candidature de Bernard Kouchner. Mais comme ce n’est pas le cas, il votera Sarkozy. Evidemment, j’ai tout de suite pensé : « de Mao à Sarko, la longue marche ». Mais le Canard enchaîné m’a devancée. J’ai une position de repli : « de Mao à Sarko, la voie royale !» Est-ce qu’on a envie de démonter phrase après phrase la tribune que Glucksmann...

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Pascal Sevran, Jack Lang, parti socialiste (18janvier 2007)

Pascal Sevran a beaucoup d’amis, des amis chers, qui prennent la peine, dans Libération du jeudi 11 janvier, de dire qu’il n’est pas raciste. Nommons-les, pour le plaisir : Christian Authier, Philippe Besson, Christine Clerc, Benoît Duteurtre, France Gall, Christophe Girard, Roger Hanin, Frédéric Mitterrand, Renaud, Thierry Séchan, Denis Tillinac. On appréciera la qualité et la diversité.   Dans Le Monde du 10 janvier, Jack Lang, qui, lui aussi, très vite, en décembre 2006, avait tenu a déclaré son amitié pour P.S., déclare que ses interrogations sur Ségolène, avant son ralliement, portait sur sa « sensibilité particulière aux enquêtes d’opinion, ou à l’opinion.» Nul n’ignore en effet que l’ex ministre de la culture, l’ex ministre de l’éducation nationale a, lui, toujours été indifférent à ce genre de considérations ! Dans Le Monde des 14/15 janvier, on peut lire un court article de Robert Kemp, publié dans Le Monde du 16 janvier 1957, à propos d’une lecture de Mon Faust Paul Valéry faite par de jeunes comédiens au Théâtre...

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Dans les derniers jours de 2006 (scène française)

Donc Johnny Halliday estime qu’il paye trop d’impôts en France et après avoir tenté de devenir belge, il décide de s’installer en Suisse (après certains autres, il faut le rappeler). A ce sujet, tribune intéressante dans Le Monde du 23 décembre. Bruno Kern, avocat, y souligne que mister Hallyday ne crache pourtant pas sur l’argent public puisqu’il lui est arrivé de faire financer ses tournées par les collectivités territoriales. Ainsi les fans de Johnny payaient deux fois : une fois comme contribuable, une fois comme spectateur.  Pascal Sevran, lui, comme Johnny rallié à Sarkozy (après avoir été d’une mitterrandolâtrie dégoulinante) juge que "la bite des noirs est responsable de la famine en Afrique" et que «  l'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète!". Articles, commentaires, scandaleux, raciste etc. Oui, tout cela a été dit, souligné, répété, puis oublié,...

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