Pauvre Badiou

Dans un long papier (Le Monde du 28 janvier 2015) Alain Badiou nous explique que, « le monde est investi en totalité par la figure du capitalisme global » et qu’en conséquence, la « version libérale de l’Occident », la « version autoritaire et nationaliste de la Chine et de la Russie », la « version théocratique des Emirats », ne sont que des versions du « même monde réel ».
On aimerait savoir ce qu’en pensent les femmes et les hommes qui vivent dans les différents pays ou zones cités. Quoique cette pensée ne doit guère intéresser Alain Badiou puisque de toute façon la pièce historique qui se joue est un « trompe l’œil ».
Au début des années 30 du siècle dernier, le parti communiste allemand considérait lui aussi que la social-démocratie et le national-socialisme étaient les deux faces d’un même monde et estimait donc inutile de s’allier avec des « sociaux-traitres » pour empêcher l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Le résultat de cette fine analyse et de cette pertinente stratégie politique est connu.

Pour faire droit à la comédie, il faut rappeler que 40 plus tard, au début des années 70, les maoïstes français considérait qu’entre le régime pompidolien et le fascisme, la différence n’était pas plus épaisse que celle d’une feuille de papier à cigarette.

Au moins Badiou est-il fidèle à lui-même !

30 janvier 2015