Martine Storti

En Iran, mars et avril 1979

En 1979, du 18 mars au 2 avril j’étais en Iran. C’était juste après les manifestations des femmes qui, dans les rues de Téhéran, avaient montré leur opposition au tchador et juste au moment de la campagne relative au réferendum sur la République islamique.
Au printemps 2009, au moment des manifestations en Iran et des réunions ou meetings de soutien en France, j’ai ouvert le carton « Iran ». J’ai retrouvé des tracts de l’époque, des coupures de presse, des photos, j’ai retrouvé mes notes, nombreuses, faites d’entretiens en particulier avec des femmes iraniennes, féministes ou non, musulmanes ou non. Sans doute ferais-je quelque chose de ces notes.
J’ai retrouvé aussi les articles alors écrits qui donnent une idée et de la réalité sinon iranienne du moins téhéranaise du moment et de l’approche que j’ai pu alors en avoir.
Il me semble qu’ils peuvent à tout le moins avoir quelque intérêt pour celles et ceux qui ne sont pas indifférents à l’Iran, aux luttes que d’autres femmes et d’autres hommes mènent à nouveau pour leur liberté et une vie meilleure.

Lire la suite...

Julien Dray, Pierre Beregovoy, Pierre Berge… 28 juin 2009

Il se peut que Julien Dray, co-fondateur de SOS-Racisme, député socialiste de l'Essonne, ex porte-parole du PS, soit innocent des malversations dont il est soupçonné, soit d'avoir perçu sur ses comptes bancaires personnels des fonds provenant de SOS-Racisme et de la Fédération indépendante démocratique et lycéenne (Fidl). Il se peut aussi que cette accusation soit en fait une "manipulation", ainsi qu'il l'affirme. Je l'ignore. Mon propos n'est pas de savoir si Julien Dray est innocent ou coupable, il est de faire un court commentaire d'un entretien publié par le Nouvel Observateur dans son dernier numéro, et titré "Dray met les pendules à l'heure".    En fait de pendules et d'heure, on est édifié. Si l'on comprend bien, Julien Dray a été obligé d'emprunter de l'argent à ses deux amis de SOS-Racisme parce que son salaire  – 15 000 euros par mois, nous dit-on – ne lui permet pas de faire face notamment à toutes ses charges, notamment de famille, avec trois enfants auxquels, parce qu'il est...

Lire la suite...

A propos de la série Ecoles en France 2006

Article publié en avril 2006 par la revue du CNDP Télédoc
D’avance on s’en était réjoui. Comment ne pas se réjouir, en effet, à la perspective de passer presque quatre heures dans la compagnie d’enfants, de partager un peu de leur quotidien scolaire en pénétrant dans ce lieu si fermé aux adultes, quand ils ne sont pas enseignants, qu’est la classe ? Comment ne pas approuver aussi cette envie, précisée d’emblée dans le commentaire, de comprendre pourquoi, selon ce qu’affirme une enquête de l’OCDE de 2003, « les enfants français sont les plus stressés du monde développé », ou encore pourquoi, c’est le commentaire encore qui le dit, « 15 % des élèves sortent de l’école élémentaire en maîtrisant mal la lecture et l’écriture » ?

Lire la suite...

Derechef, bobards de Catherine Clément, mars 2009

Après avoir lu, le passage caricatural sur Mai 68, j’avais laissé de côté le bouquin de Catherine Clément, et puis je l’ai terminé aujourd’hui, occupant ainsi cette matinée pluvieuse du 8 mars 2009, et une fois de plus, je n’en ai pas cru mes yeux ! Et ce que j’ai lu m’oblige à de nouvelles rectifications, tant madame Clément raconte n’importe quoi.
Ainsi elle consacre quelques pages au retour de Khomeiny en Iran, au début de l’année 1979 et surtout à la délégation française du comité international du droit des femmes qui en mars 79 se rendit en Iran pour soutenir les femmes iraniennes qui refusaient de porter le tchador.

Lire la suite...

Les affabulations de Catherine Clément sur mai 68 (1er mars 2009)

« Dans le TGV qui m’emmène à Marseille, je lis « Mémoire » de Catherine Clément qu’un ami, sachant que j’avais eu C.C. comme prof de philo à la Sorbonne m’a offert pour ma fête. Quand à l’approche d’Avignon la grisaille a laissé place au soleil, j’en suis à mai 68, stupéfaite alors de lire que les AG de philo se tenaient à Jussieu et que les étudiants de philo, « à l’unanimité, votèrent la destruction du savoir bourgeois, il fallait brûler les livres, tous les livres! » Ah non, pas une seule AG de philo à Jussieu, elles se tenaient soit dans un amphi de la Sorbonne, soit dans un amphi de Censier et quand la Sorbonne puis Censier furent fermés, elles continuèrent une bonne partie du mois de juillet – singulière obstination des philosophes – au CHU de la Pitié-Salpêtrière. Quant à cette histoire de vote « unanime » pour des « buchers de livres », je me demande bien d’où elle sort. Que les ou plutôt des étudiants de philo aient...

Lire la suite...

Fortis, Dexia, AIG et Action contre la faim (20 octobre2008)

Les commentaires sont inutiles !  17 septembre : prêt de 85 milliards d'euros par la réserve fédérale américaine, à l'assureur AIG  en faillite. Du 24 au 28 septembre, des dirigeants de la dite société d'assurance s'assurent un séminaire dans un complexe luxueux de Californie, le St-Regis de Monarch Beach, pour un montant de 443.343,71 dollars, dont près de 200.000 pour payer les chambres (à 1.000 dollars la nuit ou plus), et plus de 150.000 dollars pour les repas, ainsi que 23.000 dollars de "soins de remise en forme", selon le démocrate américain Henry Waxman auditionné par la commission de la transparence et de la réforme du gouvernement de la Chambre des représentants. Octobre : la FED rajoute 40 milliards d'euros, car les 85 milliards précédents ne suffisent pas.    6 octobre : 6 milliards d'euros mis par l'état français pour "sauver" Dexia. 9 Octobre : dîner à l'hôtel Paris de Monaco, dans la salle Empire, pour des "membres du comité de direction et des cadres...

Lire la suite...

Le MLF, 40 ans cette année ou dans deux ans? 10 octobre 2008

Est-ce en octobre 1968 que le MLF a été créé, comme l’affirme en ce moment Antoinette Fouque racontant à qui veut l’entendre sa version légendaire, un appartement parisien, petit certes mais chic puisque prêté par Marguerite Duras, quelques femmes qui se réunissent en octobre 68 et qui fondent, mais oui fondent, c’est le mot utilisé, le MLF?  Comme un bon nombre de médias d’une part ne prêtent qu’aux riches, ce qui est le cas d’Antoinette et des Editions des femmes (richesse symbolique et richesse réelle) et sont paresseux, ils répètent la version légendaire. Rien d’étonnant. Depuis des années, des décennies maintenant, Antoinette Fouque a réussi à persuader pas mal de gens, surtout des gens à pouvoir, à notorièté, à réseaux, à surface médiatique (parce qu’elle a bien compris ce qu’était le fonctionnement réel de la socièté réelle) qu’elle était la fondatrice de tout, du Mouvement de libération des femmes, de leur libération elle-même et pourquoi pas des femmes aussi. C’est ainsi. C’est gros, c’est ridicule (puisque un...

Lire la suite...

L’arrivée de mon père en France

C’est un livre sur Matteo l’italien et Thérèse la française,
C’est un livre sur l’immigration des années trente, c’est un livre sur l’immigration aujourd’hui,
C’est un livre sur la vie des ouvriers en France dans les années 50,
C’est un livre sur l’exploitation et l’orgueil
C’est un livre sur « pourquoi certains sauvent des Juifs et pourquoi d’autres les dénoncent »,
C’est un livre sur l’exil, la mémoire, la transmission, le courage, la lâcheté,
C’est un livre sur « c’est quoi vivre? », « c’est quoi la vie? »
C’est un livre, hybride, il n’est rien en soi, ni récit, ni essai, à la fois récit et essai, une histoire dans l’Histoire,
C’est un livre dont on ne sait pas sur quelle étagère le mettre, dans quel rayon de librairie…

Lire la suite...

Flaubert, les bohémiens et les bourgeois, 1867

Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j'ai entendu des jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et très complexe. On la retrouve chez tous les gens d'ordre. C'est la haine que l'on porte au Bédouin, à l'Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m'exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton."  Gustave Flaubert, Lettre à George Sand. Croisset, mercredi soir, 12 juin 1867...

Lire la suite...

Mai 68, quarantième.Eh bien, chantons( mars 2008)

Les cérémonies du quarantième anniversaire ont donc commencé ! D’abord une seule envie, se taire, ne rien dire de Mai 68 au printemps 2008, se féliciter d’en avoir dit, écrit quelque chose deux ans plus tôt, dans un roman, « 32 jours de mai ». Et puis, quand même, face à la déferlante, et l’on n’est qu’en mars, quelques mots. Notamment pour saluer la tribune de Pierre Bergounioux, Nous les sexagénaires aux 40 printemps, publié par Le Monde du 29 février. Très beau texte qui dit que ce contre quoi nous nous battions en 68 est encore « ce qui se donne pour la réalité ». En conséquence, « …ce n’est pas impunément qu’on revient en arrière ou qu’on s’immobilise. La démoralisation, l’abaissement et l’altération du facteur subjectif, l’envie de crier ou de pleurer qu’on se surprend, dix fois par jour, à réprimer dans la rue, au travail, dans le métro ou les travées de la grande surface, au stade, en lisant le journal ou devant la télévision, n’ont pas d’autre...

Lire la suite...