Harcèlement : desserrer l’étau idéologique

En lisant la tribune publiée le 27 septembre par Libération, titrée « Contre la pénalisation du harcèlement de rue », j’ai rajeuni de plus de 40 ans. Ce n’est pas forcément désagréable, quoique l’aspect répétitif lasse quand même un peu !
Les signataires qui se présentent comme « des féministes et chercheur-es sur les violences de genre », fonctionnent en effet avec un logiciel déjà rencontré dans les années antérieures. On s’affiche féministe et contre le harcèlement, mais quand il s’agit de le combattre, et de dire ça suffit, y compris en passant par la pénalisation, on explique doctement que la pénalisation du harcèlement de rue aboutira à forcément désigner et forcément stigmatiser les « hommes des classes populaires et racisées », je cite.

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Une parité à bout de souffle ? 20 mai 2017

D’outil de l’égalité, la parité n’est-elle pas devenue l’outil de la perpétuation de l’inégalité ? D’ «habit de l’égalité », pour reprendre l’expression de la philosophe Geneviève Fraisse, la parité n’est-elle pas devenue l’habit, le déguisement de l’inégalité en égalité ?

C’est en effet une parité pervertie qui nous est proposée, réduite à une conception quantitative. La parité constitutionnalisée a produit du chiffre, mais elle n’a pas, en tout cas pas assez, produit de l’égalité de pouvoir.

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Entretien sur Blog Egalités (Libération) 14 juin 2016

Le manichéisme et l’ordre binaire permettent un fonctionnement à l’intimidation et à l’injonction. Si Martine Storti n’est évidemment pas défavorable aux désaccords, au dissensus, elle rappelle que le binarisme ne permet pas de cheminer dans une réflexion, de penser.
Ancienne professeur de philosophie, ex-journaliste, Martine Storti mène une réflexion sur le féminisme et la question de l’identité. Une relation complexe qu’elle aborde dans son dernier ouvrage dont l’intitulé est aussi un appel à l’éthique de responsabilité : «Sortir du manichéisme, des roses et du chocolat».

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L’impasse de l’identité

Dans « Sortir du manichéisme » (ed. Michel de Maule, 2016), Martine Storti, présidente des 40 ans du MLF, s’attaque aux lectures binaires du réel et exhorte à en embrasser la complexité. Entretien paru dans Les Inrocks Mai 2016

.https://www.lesinrocks.com/actu/penser-termes-didentite-piege-71287-07-05-2016/

« Alors que depuis quelques années tourne en boucle la double exhortation de Charles Péguy – « Il faut dire ce que l’on voit » et « voir ce que l’on voit »-, j’ai plutôt l’impression que chacun ne voit que ce qui l’arrange » écrit Martine Storti, ancienne journaliste à Libération et présidente de l’association féministe des 40 ans du MLF, dans Sortir du manichéisme. Ecrit dans la foulée des agressions sexuelles survenues à Cologne la nuit du Nouvel An, son essai pointe le danger de lire l’actualité de façon simplifiée, et appelle à la modération en retrouvant le goût des idées.

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