Catégorie Nouveautés

La traversée du Golfe d’Aden (31 mars)

L’autre soir, sur FR3, diffusion, dans l’émission Thalassa, d’un reportage que je n’ose qualifier de magnifique. Et pourtant ce qualificatif convient, dans son sens de « remarquable », « admirable en son genre » pour reprendre la définition du Robert. Oui magnifique est ce documentaire qui relate la traversée du Golfe d’Aden par des hommes, des femmes et même des enfants venus d’Ethiopie et de Somalie et qui tentent de rejoindre les côtes du Yémen. Qui tentent sans toujours y parvenir puisque l’ONU avance le chiffre de 1200 réfugiés morts en 2005 dans le Golfe d’Aden. Traversée terrible, les corps accroupis, des jours et nuits, les corps sans possibilité de mouvement, d’étirement, les corps entassés, presque emboités les uns dans les autres tant la place est minime. Et puis la soif, la faim, les vomissements…Et puis les coups des passeurs, des coups de ceinture, les baffes pour empêcher toute vélleité de révolte, de rebellion, tant celle-ci pourtant serait possible, une centaine d’hommes d’un côté, quelques-uns de l’autre… Le réalisateur...

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La voie Royal (7 mars)

Dans le contexte de l’actuelle socièté française, c’est-à-dire une socièté qui conserve encore, malgré des progrès non négligeables, des traits et des composantes misogynes, il est évident qu’une femme désirant être élue présidente de la République par le suffrage universel – je parle d’une femme le désirant vraiment et ne faisant pas seulement une candidature de témoignage – doit faire preuve d’une habileté stratégique particulière, spécifique, précisément parce qu’elle est une femme et qu’elle l’est dans une socièté où la différence homme/femme n’est pas seulement une différence mais une inégalité. Cette nécessité d’une stratégie spécifique, Ségolène Royal, qui a montré un culot inouï en osant se lancer dans cette candidature, l’a parfaitement et admirablement compris. Au moins deux mots résument sa stratégie : contourner et materner. Pour se faire désigner par le parti socialiste, pas d’autre manière que de le contourner pour s’appuyer sur l’opinion, les sondages, le médiatique. S’y serait-elle prise autrement – par le programme, le discours, l’appareil, la rigueur des analyses, la reconnaissance de...

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Petits plaisirs avec Alain Finkielkraut (3 mars 2007)

Ce qu’il y a d’épatant avec Alain Finkielkraut, c’est qu’on n’est jamais déçu. Jamais surpris non plus. On a bien, en effet, le spectacle auquel on s’attendait. Sans doute est-ce la raison de l'affection constamment renouvelée que lui accorde la scène médiatique. La semaine qui vient de s’écouler nous l’a derechef offert, au moins à travers deux émissions de télévision (il y en a peut être eu d’autres, pour ma part je me suis délectée de Ripostes sur France 5 le dimanche 25 février et de la bien nommée Esprits libres, sur France 2 le vendredi 2 mars.) Mine tourmentée, épaules écrasées par la mission qui est la sienne, délivrer le monde de sa bêtise, le ramener dans le droit chemin, je n’ose pas dire l’ordre juste, car j’aurais ainsi l’air de l’embarquer du côté de Royal (ce qui serait un crime de lèse-majesté), agacement et parfois même exaspération quand les autres parlent, sauf s’ils sont de part en part d’accord avec lui (non, j’exagère, même...

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De Mao à Sarko, c’est extra (2 février)

Alain Minc, l’autre matin, sur France-culture nous a informé qu’il aurait voté pour Dominique Strauss-Khan s’il avait été le candidat du parti socialiste mais puisqu’il ne l’est pas, il votera pour Nicolas Sarkozy. Dans la foulée, il nous a fait part de sa détestation de la démocratie participative, nous a doctement expliqué que les citoyens ne détenaient aucune expertise, raison pour laquelle seule la démocratie représentative était défendable. Venant de quelqu’un qui a dit au cours des années une chose et son contraire et s’est trompé à peu près sur tout, on est rassuré quant à la qualité de son expertise.   André Glucksmann, lui, rêvait d’une candidature de Bernard Kouchner. Mais comme ce n’est pas le cas, il votera Sarkozy. Evidemment, j’ai tout de suite pensé : « de Mao à Sarko, la longue marche ». Mais le Canard enchaîné m’a devancée. J’ai une position de repli : « de Mao à Sarko, la voie royale !» Est-ce qu’on a envie de démonter phrase après phrase la tribune que Glucksmann...

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Pascal Sevran, Jack Lang, parti socialiste (18janvier 2007)

Pascal Sevran a beaucoup d’amis, des amis chers, qui prennent la peine, dans Libération du jeudi 11 janvier, de dire qu’il n’est pas raciste. Nommons-les, pour le plaisir : Christian Authier, Philippe Besson, Christine Clerc, Benoît Duteurtre, France Gall, Christophe Girard, Roger Hanin, Frédéric Mitterrand, Renaud, Thierry Séchan, Denis Tillinac. On appréciera la qualité et la diversité.   Dans Le Monde du 10 janvier, Jack Lang, qui, lui aussi, très vite, en décembre 2006, avait tenu a déclaré son amitié pour P.S., déclare que ses interrogations sur Ségolène, avant son ralliement, portait sur sa « sensibilité particulière aux enquêtes d’opinion, ou à l’opinion.» Nul n’ignore en effet que l’ex ministre de la culture, l’ex ministre de l’éducation nationale a, lui, toujours été indifférent à ce genre de considérations ! Dans Le Monde des 14/15 janvier, on peut lire un court article de Robert Kemp, publié dans Le Monde du 16 janvier 1957, à propos d’une lecture de Mon Faust Paul Valéry faite par de jeunes comédiens au Théâtre...

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Dans les derniers jours de 2006 (scène française)

Donc Johnny Halliday estime qu’il paye trop d’impôts en France et après avoir tenté de devenir belge, il décide de s’installer en Suisse (après certains autres, il faut le rappeler). A ce sujet, tribune intéressante dans Le Monde du 23 décembre. Bruno Kern, avocat, y souligne que mister Hallyday ne crache pourtant pas sur l’argent public puisqu’il lui est arrivé de faire financer ses tournées par les collectivités territoriales. Ainsi les fans de Johnny payaient deux fois : une fois comme contribuable, une fois comme spectateur.  Pascal Sevran, lui, comme Johnny rallié à Sarkozy (après avoir été d’une mitterrandolâtrie dégoulinante) juge que "la bite des noirs est responsable de la famine en Afrique" et que «  l'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète!". Articles, commentaires, scandaleux, raciste etc. Oui, tout cela a été dit, souligné, répété, puis oublié,...

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Royal, vidéo, 35 heures : touchez pas aux profs (14 novembre 2006)

La vidéo diffusée mais qui n’aurait pas dû l’être, si l’on a bien compris, de Ségolène Royal expliquant devant des militants socialistes quelque chose qu’elle pense mais qu’elle ne veut pas crier sur les toits, par peur de représailles syndicales, à savoir la nécessité de faire rester les professeurs – du moins ceux du collège – 35 heures dans leur établissement est évidemment un épisode qui n’est pas sans intérêt et à propos duquel je m’autorise à mettre mon grain de sel avec quelques remarques qui, je le sais, vont déplaire à tous, pour des raisons souvent opposées d’ailleurs ( mais il faut savoir vivre dangereusement !) :             1) La diffusion de cette vidéo, tronquée, on le sait maintenant (et dans les temps anciens on aurait dit « citation coupée de son contexte ») montre que les petits camarades ne mégotent pas sur la manière de se glisser des peaux de banane sous les pieds, ce qui nous laisse deviner la nature du rassemblement annoncé des socialistes, une fois...

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La démocratie d’opinion, cette gueuse (28 octobre)

A écouter ou lire certains commentateurs, une grave menace pèse aujourd’hui sur la France, une très grave menace, peut être même la plus grave, celle de la démocratie d’opinion. Pas une seule journée sans qu’ici ou là, à droite et à gauche, on nous explique qu’il y a, à droite et à gauche, des gens qui veulent la faire règner et ce faisant mettre en péril la République française, faire le lit de l’extrême droite, sombrer dans le populisme, se vautrer dans la démagogie etc. J’avoue ma perplexité. Démocratie d’opinion, dit-on. Mais n’est-ce pas un pléonasme ? La démocratie n’est-elle pas toujours d’opinion ? Dès lors en effet que c’est du peuple et d’un vote populaire qu’émane le pouvoir politique, n’érige-t-on pas, par principe en quelque sorte, l’opinion en fondement de la légalité et de la légitimité. Par ailleurs n’apprécie-t-on pas la démocratie, précisément parce qu’elle rend possible l’expression et la confrontation des opinions ? Bien sûr j’ai parfaitement compris qu’en vilipendant la démocratie d’opinion, ce n’est pas...

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La déportation des enfants juifs du 20ème (17 octobre 2006)

Quel magnifique travail ! Avant d’utiliser ce qualificatif, j’ai hésité. Etait-il possible, avais-je le droit, d’user de ce mot pour saluer un ouvrage qui dit le malheur, la souffrance, la mort, la saloperie ? Mais il faut l’affirmer et le répèter, c’est un travail magnifique, soit un travail grand et remarquable et admirable que celui qui nourrit l’ouvrage collectif que le comité « Ecole de la rue de Tlemcen » vient de publier sous le titre « Se souvenir pour construire l’avenir. Ils habitaient notre quartier ». « Ils » c’est-à-dire les 1000 enfants du 20 ème arrondissement de Paris qui d’août 1942 à juillet 1944 ont été arrêtés, déportés et presque tous assassinés à Auschwitz. Plus de 1000 enfants du 20ème arrondissement de Paris soit près du dixième des enfants déportés de France, parce que nés Juifs. Peut être ne se souvient-on pas assez que 11000 enfants furent déportés de France, dont 8000 nés en France. Et sur ces 11000, 2000 avaient moins de 6 ans. Dans le 20ème, le plus jeune avait...

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Robert Redeker (5 octobre 2006)

J’ai signé l’une des pétitions de soutien à Robert Redeker, celle qui émane de Respublica. Je juge nécessaire de donner cette précision car à mes yeux, toutes les pétitions qui circulent sur le sujet ne se valent pas. Et même, dans la pétition de Respublica, certaines phrases me déplaisent. Quoi qu’il en soit, on aimerait bien qu’un soutien à Redeker ne soit pas taxé d’islamophobie. On aimerait aussi qu’une prise de distance avec le contenu de son article du Figaro et au-delà avec sa conception du rôle d’un intellectuel (telle qu’elle transparaît à travers certaines de ses  tribunes) ne soit pas considérée comme une caution apportée aux lanceurs de fatwa. S’il faut en effet soutenir inconditionnellement Redeker, compte tenu des menaces qui pèsent sur lui, (je suis d’accord avec ce que les pétitions et les divers textes parus sur le sujet disent quant à la laïcité, au droit de soumettre un texte religieux à la critique, au droit au non respect des religions etc.), j’estime...

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