Catégorie Nouveautés

Henri Weber, Fabienne Servan-Schreiber et les autres…6 octobre 2007

Ce fut le grand rendez-vous parisien de la rentrée. Vous n’y étiez pas ? Eh bien, c’est que, comme moi, vous « n’existez pas socialement. » C’est en tout cas ce qu’estime ce pantin de Gérard Miller qui, lui bien sûr, était de la fête, comme, selon Le Monde, des banquiers, des patrons, des ministres, des journalistes, des acteurs/trices, des chanteurs, des éminences de gauche et de droite, des soit-disant opposants à Sarkozy et des membres de son gouvernement… Ce qui ressort de cette très courue fête parisienne – le mariage de Henri Weber, ex militant de la ligue communiste révolutionnaire devenu socialiste et fabiusien, avec Fabienne Servan-Schreiber célébré au Palais d'hiver, pardon au Cirque d'hiver – c’est que ce qui est pensé, ce qui est dit, ce qui est fait, ne compte pas. Les idées, les mots, les actions n’ont aucune importance. Ce qui compte, ce qui a de la valeur, c’est d’en être. C’est d’avoir la surface sociale, la notoriété médiatique, le pouvoir – et qu’importe sur...

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Ségolène Royal, le prix à payer 25 juin2007

Première remarque : on a bien compris que le mot d’ordre dans les hautes sphères du parti socialiste était : tout sauf Ségolène. On a compris aussi que tous les moyens allaient être utilisés pour la liquider et que tous les coups étaient permis (d’ailleurs, cela ne fait que confirmer ce que l’on avait compris dès le 6 mai au soir, comme je l’ai indiqué dans un texte précédent de ce bloc-notes.) On conçoit dès lors que Ségolène Royal n’ait pas eu envie d’assister, au conseil national du PS, à son lynchage programmé. Je pense néanmoins qu’elle aurait dû participer à la séance, même pénible, justement parce qu’elle était pénible et qu’elle devait se prouver à elle-même qu’elle était capable d’affronter un tribunal et de puiser dans cet affrontement des forces et de l’énergie. La vie politique n’est pas plus que la révolution un dîner de gala, comme disait l’autre (Mao). Je me permets cependant de constater que les apparatchiks socialistes ont été beaucoup moins sévères à...

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Guéhenno, Tomasi, identité nationale, 22 juin 2007

Je suis en train de lire « Journal des années noires », de Jean Guéhenno, chronique qui court de 1940 à 1944. Quelques citations qui n’ont évidemment rien à voir avec la scène française actuelle. 14 Août 1940 : « Ces dernières semaines m’ont été infiniment pénibles, tandis que la sottise s’installait au pouvoir. Clermont était devenu, avec Vichy, le refuge des journalistes, des écrivains, des meneurs de l’opinion, de tout ce qui passe pour penser. Je connaissais beaucoup de gens. J’ai pu voir comment ils se soumettaient aux puissances nouvelles. » Je le redis, rien à voir évidemment avec la scène française de juin 2007.   Alors dans l’actualité de la petite scène française, rire, pour ne pas pleurer toute la journée. Ces derniers jours, ce qui m’a fait rire, c’est : « mi pute mi soumise ». Une autre source de satisfaction, c’est la colère et l’amertume des gens de droite qui voient les postes et places leur passer sous le nez parce qu’ils sont attribués aux gens de gauche ou...

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Flaubert et la décomplexitude… 27 mai 2007

Flaubert dans L’éducation sentimentale. C’est un dîner chez les Dambreuse : « la plupart des hommes qui étaient là avaient servi, au moins, quatre gouvernements ; et ils auraient vendu la France ou le genre humain pour garantir leur fortune, s’épargner un malaise, un embarras ou même par simple bassesse, adoration instinctive de la force. »       Décomplexé, c’est le mot à la mode depuis le 6 mai. Mot que reprendraient Bouvart et Pécuchet ou qui figurerait dans le dictionnaires des idées reçues. Droite décomplexée, faudrait aussi que la gauche le soit, ambition décomplexée, sarkozette sans complexes, rapport décomplexé à l’argent, ça n’arrête pas. Décomplexé pour dire sans vergogne, ou sans scrupule, ou sans gêne, ou sans se soucier du vrai et du faux, du bien et du mal. Le complexe, voilà l’ennemi. Que vive la décomplexitude !Donc si vous trouvez assez nauséeux que des types qui étaient, il y a peu, dans l’équipe de Ségolène Royal, se retrouvent ministres dans un gouvernement Sarkozy-Fillon, eh bien, ce n’est pas un certain...

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Le yacht, le président Sarkozy et le philosophe Finkielkraut 12 mai

Donc le Fouquet’s, le jet privé, le yacht de luxe en Méditerranée, bref les premières heures et premiers jours du nouveau président de la République, cela a fait "honte" à Alain Finkielkraut. Il le dit dans Le Monde du 11 mai. Il espère néanmoins que Nicolas Sarkozy tiendra les promesses faites dans « des discours de très haute tenue » et notamment celle d’" incarner la France". Eh bien c’est cela, moi, que je trouve honteux, aussi. Que Finkielkraut ait pu et puisse encore s’en tenir aux discours, aux mots, comme si pour Sarkozy, les mots, les discours étaient autre chose que de l’apparence, de la manipulation, comme si Sarkozy n'était pas un "malfaiteur du langage", pour reprendre cette belle expression de David Grossmann dans le texte publié par le Nouvel Observateur de cette semaine. Evidemment je pourrais le dire aussi d’une autre manière, le dire comme les enfants dans l'un de leurs jeux, « pâte à crêpes, tu l’as cru » ! Enfin on a bien compris que l'un des...

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Mai 68, Sarkozy, Ségolène Royal (3 mai)

1) Mai 68, à nouveau, rendu responsable de tous les maux par Nicolas Sarkozy. Je dis à nouveau puisque ce n’est pas la première fois qu’il reprend l’antienne (cf. mon bloc-notes du 18 septembre où j’ai déjà montré comment le procès fait à Mai 68 a pour fonction évidente de masquer les causes de la dégradation ambiante). Cette fois, il en a rajouté une louche, en faisant de mai 68 la cause de la financiarisation du capitalisme et des golden parachutes de certains PDG. Quand même, c’est culotté. Je savais, pour reprendre les mots de Marx, que les hommes font leur propre histoire sans savoir quelle histoire ils font. Mais à ce point, je ne l’imaginais pas. En effet je n’avais pas jusqu’à présent imaginer que je portais, moi la vieille soixanthuitarde (assumée, revendiquée, voir 32 jours de mai) une quelconque responsabilité dans les millions d’euros que s’offrent en pot de départ des patrons bien connus pour avoir passé leur jeunesse dans des manifestations et des grèves!...

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Royal, oui. La cour, non (7 avril)

Je fais partie des 150 qui ont signé l’appel à voter Ségolène Royal au premier tour de l’élection présidentielle qui a été publié le 1er mars dans le Nouvel Observateur. Je ne regrette rien. Je le resignerais aujourd’hui s’il le fallait. Je persiste en effet a penser qu’il faut voter pour la candidate socialiste dès le premier tour. Nous étions 150, il parait que nous sommes 20000. J’ai appris cela en allant l’autre soir à la réunion de soutien organisée à Paris, à la maison de l’Amérique latine. 22 signataires donnant leurs raisons de voter Ségolène Royal le 22 avril. Intervenants intelligents et de qualité (sociologue, historien, psychanalyste, écrivain, avocat, journaliste, mathématicien, économiste, juriste…), parité (11 hommes, 11 femmes). Assistance qui l’était tout autant… Comment dire ce malaise, ce mal être qui, au fil de la soirée, s’est emparé de moi et a fait qu’aux deux tiers de l’affaire, je suis partie ? Quelque chose de trop. En trop. Trop d’affirmations qu’avec Ségolène, tout serait différent, que la...

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La traversée du Golfe d’Aden (31 mars)

L’autre soir, sur FR3, diffusion, dans l’émission Thalassa, d’un reportage que je n’ose qualifier de magnifique. Et pourtant ce qualificatif convient, dans son sens de « remarquable », « admirable en son genre » pour reprendre la définition du Robert. Oui magnifique est ce documentaire qui relate la traversée du Golfe d’Aden par des hommes, des femmes et même des enfants venus d’Ethiopie et de Somalie et qui tentent de rejoindre les côtes du Yémen. Qui tentent sans toujours y parvenir puisque l’ONU avance le chiffre de 1200 réfugiés morts en 2005 dans le Golfe d’Aden. Traversée terrible, les corps accroupis, des jours et nuits, les corps sans possibilité de mouvement, d’étirement, les corps entassés, presque emboités les uns dans les autres tant la place est minime. Et puis la soif, la faim, les vomissements…Et puis les coups des passeurs, des coups de ceinture, les baffes pour empêcher toute vélleité de révolte, de rebellion, tant celle-ci pourtant serait possible, une centaine d’hommes d’un côté, quelques-uns de l’autre… Le réalisateur...

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La voie Royal (7 mars)

Dans le contexte de l’actuelle socièté française, c’est-à-dire une socièté qui conserve encore, malgré des progrès non négligeables, des traits et des composantes misogynes, il est évident qu’une femme désirant être élue présidente de la République par le suffrage universel – je parle d’une femme le désirant vraiment et ne faisant pas seulement une candidature de témoignage – doit faire preuve d’une habileté stratégique particulière, spécifique, précisément parce qu’elle est une femme et qu’elle l’est dans une socièté où la différence homme/femme n’est pas seulement une différence mais une inégalité. Cette nécessité d’une stratégie spécifique, Ségolène Royal, qui a montré un culot inouï en osant se lancer dans cette candidature, l’a parfaitement et admirablement compris. Au moins deux mots résument sa stratégie : contourner et materner. Pour se faire désigner par le parti socialiste, pas d’autre manière que de le contourner pour s’appuyer sur l’opinion, les sondages, le médiatique. S’y serait-elle prise autrement – par le programme, le discours, l’appareil, la rigueur des analyses, la reconnaissance de...

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Petits plaisirs avec Alain Finkielkraut (3 mars 2007)

Ce qu’il y a d’épatant avec Alain Finkielkraut, c’est qu’on n’est jamais déçu. Jamais surpris non plus. On a bien, en effet, le spectacle auquel on s’attendait. Sans doute est-ce la raison de l'affection constamment renouvelée que lui accorde la scène médiatique. La semaine qui vient de s’écouler nous l’a derechef offert, au moins à travers deux émissions de télévision (il y en a peut être eu d’autres, pour ma part je me suis délectée de Ripostes sur France 5 le dimanche 25 février et de la bien nommée Esprits libres, sur France 2 le vendredi 2 mars.) Mine tourmentée, épaules écrasées par la mission qui est la sienne, délivrer le monde de sa bêtise, le ramener dans le droit chemin, je n’ose pas dire l’ordre juste, car j’aurais ainsi l’air de l’embarquer du côté de Royal (ce qui serait un crime de lèse-majesté), agacement et parfois même exaspération quand les autres parlent, sauf s’ils sont de part en part d’accord avec lui (non, j’exagère, même...

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