Catégorie Nouveautés

Le MLF, 40 ans cette année ou dans deux ans? 10 octobre 2008

Est-ce en octobre 1968 que le MLF a été créé, comme l'affirme en ce moment Antoinette Fouque racontant à qui veut l'entendre sa version légendaire, un appartement parisien, petit certes mais chic puisque prêté par Marguerite Duras, quelques femmes qui se réunissent en octobre 68 et qui fondent, mais oui fondent, c'est le mot utilisé, le MLF?  Comme un bon nombre de médias d'une part ne prêtent qu'aux riches, ce qui est le cas d'Antoinette et des Editions des femmes (richesse symbolique et richesse réelle) et sont paresseux, ils répètent la version légendaire. Rien d'étonnant. Depuis des années, des décennies maintenant, Antoinette Fouque a réussi à persuader pas mal de gens, surtout des gens à pouvoir, à notorièté, à réseaux, à surface médiatique (parce qu'elle a bien compris ce qu'était le fonctionnement réel de la socièté réelle) qu'elle était la fondatrice de tout, du Mouvement de libération des femmes, de leur libération elle-même et pourquoi pas des femmes aussi.C'est ainsi. C'est gros, c'est ridicule (puisque un "mouvement"...

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Mai 68, quarantième.Eh bien, chantons( mars 2008)

Les cérémonies du quarantième anniversaire ont donc commencé ! D’abord une seule envie, se taire, ne rien dire de Mai 68 au printemps 2008, se féliciter d’en avoir dit, écrit quelque chose deux ans plus tôt, dans un roman, « 32 jours de mai ». Et puis, quand même, face à la déferlante, et l’on n’est qu’en mars, quelques mots. Notamment pour saluer la tribune de Pierre Bergounioux, Nous les sexagénaires aux 40 printemps, publié par Le Monde du 29 février. Très beau texte qui dit que ce contre quoi nous nous battions en 68 est encore « ce qui se donne pour la réalité ». En conséquence, « …ce n’est pas impunément qu’on revient en arrière ou qu’on s’immobilise. La démoralisation, l’abaissement et l’altération du facteur subjectif, l’envie de crier ou de pleurer qu’on se surprend, dix fois par jour, à réprimer dans la rue, au travail, dans le métro ou les travées de la grande surface, au stade, en lisant le journal ou devant la télévision, n’ont pas d’autre...

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Sarkozy, Kadhafi, Rama Yade, Kouchner… 12 décembre 2007

  Kadhafi a fait des progrès, la Lybie n’est plus un état voyou, ou terroriste, on peut discuter avec le colonel, il faut l’aider à progresser encore etc. C’est ce que nous disent, nous répètent les tenants de la realpolitik qui, quand même, veulent, un peu, un tout petit peu, enrober les contrats, les chèques, les milliards d’un papier écran. Cette visite à Paris, cette réception avec tapis rouge, gardes républicains, dîner à l’Elysée déshonore la France, nous disent les autres qui rappellent, eux, les attentats, la prise d’otage des infirmières bulgares, l’absence de démocratie, le non-respect des droits de l’homme, les prisonniers politiques, l’antisémitisme etc. Mais pas un mot, pas un seul mot dans les communiqués, pétitions, déclarations sur ce qui est sans doute l’une des raisons, sinon la principale, de la réhabilitation du colonel Kadhafi sur la scène internationale, à savoir la manière dont la Libye traite les émigrés subsahariens, pour la plus grande satisfaction de la plupart des pays européens et de...

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L’Arche de Zoé, le Quai et l’humanitaire. 1er Novembre 2007

Je ne dispose d’aucune information particulière à propos de cette histoire de l’Arche de Zoé. Je ne sais que ce qui est sur la scène publique. Et il se peut que tout n’y soit pas. Il se peut donc que cette affaire ne soit pas aussi innocente, naïve qu’on le prétend, à la fois du côté de l’ONG et du côté du gouvernement français.
Il se peut par exemple qu’elle ne soit que la face visible de manœuvres diverses visant à déstabiliser le ministre Bernard Kouchner, tant plus d’un au Quai d’Orsay ont en travers de la gorge le fait qu’il soit devenu ministre des Affaires étrangères (et ce qui les agace, ce n’est pas ce ralliement d’un homme de gauche à la droite, dont ils se fichent comme de leur premier TD (télégramme diplomatique) mais bien davantage son passé de french doctor, ou ses positions sur le Darfour ou sa conception de l’humanitaire et du droit d’ingérence). Il se peut aussi, à l’inverse, que le ministre des Affaires étrangères, ou son cabinet, ou sa secrétaire d’Etat ait favorisé l’opération avant d’en comprendre les dangers.

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Kouchner, new York et police française 8 octobre 2007

Les éminences qui étaient au Cirque d’hiver (voir bloc-note précédent), on ne les a pas beaucoup entendues à propos des tests ADN destinés à prouver la vérité de la filiation de celles et ceux qui demandent à s’installer en France au titre du regroupement familial. Bernard Kouchner, par exemple, a certes indiqué qu’il n’était pas d’accord avec la mesure proposée, mais sans que pourtant « il en soit indigné ». S’il l’était, indigné, notre dignitaire démissionnerait. Pour le moment, sa dignité, il la met dans sa fonction de ministre du gouvernement Sarkozy (car on ne peut pas parler de gouvernement Fillon.) Et après avoir dignement dansé le sirtaki au Cirque d’hiver, il est allé dignement courir dans les rues de New York avec le président de la République française. Sur la photo que Le Monde a publié dans son édition du 24 septembre, on les voit tous les deux, côte à côte, en short et tee-shirt, on ne voit pas bien le tee-shirt blanc du ministre des Affaires...

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Henri Weber, Fabienne Servan-Schreiber et les autres…6 octobre 2007

Ce fut le grand rendez-vous parisien de la rentrée. Vous n’y étiez pas ? Eh bien, c’est que, comme moi, vous « n’existez pas socialement. » C’est en tout cas ce qu’estime ce pantin de Gérard Miller qui, lui bien sûr, était de la fête, comme, selon Le Monde, des banquiers, des patrons, des ministres, des journalistes, des acteurs/trices, des chanteurs, des éminences de gauche et de droite, des soit-disant opposants à Sarkozy et des membres de son gouvernement… Ce qui ressort de cette très courue fête parisienne – le mariage de Henri Weber, ex militant de la ligue communiste révolutionnaire devenu socialiste et fabiusien, avec Fabienne Servan-Schreiber célébré au Palais d'hiver, pardon au Cirque d'hiver – c’est que ce qui est pensé, ce qui est dit, ce qui est fait, ne compte pas. Les idées, les mots, les actions n’ont aucune importance. Ce qui compte, ce qui a de la valeur, c’est d’en être. C’est d’avoir la surface sociale, la notoriété médiatique, le pouvoir – et qu’importe sur...

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Ségolène Royal, le prix à payer 25 juin2007

Première remarque : on a bien compris que le mot d’ordre dans les hautes sphères du parti socialiste était : tout sauf Ségolène. On a compris aussi que tous les moyens allaient être utilisés pour la liquider et que tous les coups étaient permis (d’ailleurs, cela ne fait que confirmer ce que l’on avait compris dès le 6 mai au soir, comme je l’ai indiqué dans un texte précédent de ce bloc-notes.) On conçoit dès lors que Ségolène Royal n’ait pas eu envie d’assister, au conseil national du PS, à son lynchage programmé. Je pense néanmoins qu’elle aurait dû participer à la séance, même pénible, justement parce qu’elle était pénible et qu’elle devait se prouver à elle-même qu’elle était capable d’affronter un tribunal et de puiser dans cet affrontement des forces et de l’énergie. La vie politique n’est pas plus que la révolution un dîner de gala, comme disait l’autre (Mao). Je me permets cependant de constater que les apparatchiks socialistes ont été beaucoup moins sévères à...

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Guéhenno, Tomasi, identité nationale, 22 juin 2007

Je suis en train de lire « Journal des années noires », de Jean Guéhenno, chronique qui court de 1940 à 1944. Quelques citations qui n’ont évidemment rien à voir avec la scène française actuelle. 14 Août 1940 : « Ces dernières semaines m’ont été infiniment pénibles, tandis que la sottise s’installait au pouvoir. Clermont était devenu, avec Vichy, le refuge des journalistes, des écrivains, des meneurs de l’opinion, de tout ce qui passe pour penser. Je connaissais beaucoup de gens. J’ai pu voir comment ils se soumettaient aux puissances nouvelles. » Je le redis, rien à voir évidemment avec la scène française de juin 2007.   Alors dans l’actualité de la petite scène française, rire, pour ne pas pleurer toute la journée. Ces derniers jours, ce qui m’a fait rire, c’est : « mi pute mi soumise ». Une autre source de satisfaction, c’est la colère et l’amertume des gens de droite qui voient les postes et places leur passer sous le nez parce qu’ils sont attribués aux gens de gauche ou...

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Flaubert et la décomplexitude… 27 mai 2007

Flaubert dans L’éducation sentimentale. C’est un dîner chez les Dambreuse : « la plupart des hommes qui étaient là avaient servi, au moins, quatre gouvernements ; et ils auraient vendu la France ou le genre humain pour garantir leur fortune, s’épargner un malaise, un embarras ou même par simple bassesse, adoration instinctive de la force. »       Décomplexé, c’est le mot à la mode depuis le 6 mai. Mot que reprendraient Bouvart et Pécuchet ou qui figurerait dans le dictionnaires des idées reçues. Droite décomplexée, faudrait aussi que la gauche le soit, ambition décomplexée, sarkozette sans complexes, rapport décomplexé à l’argent, ça n’arrête pas. Décomplexé pour dire sans vergogne, ou sans scrupule, ou sans gêne, ou sans se soucier du vrai et du faux, du bien et du mal. Le complexe, voilà l’ennemi. Que vive la décomplexitude !Donc si vous trouvez assez nauséeux que des types qui étaient, il y a peu, dans l’équipe de Ségolène Royal, se retrouvent ministres dans un gouvernement Sarkozy-Fillon, eh bien, ce n’est pas un certain...

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Le yacht, le président Sarkozy et le philosophe Finkielkraut 12 mai

Donc le Fouquet’s, le jet privé, le yacht de luxe en Méditerranée, bref les premières heures et premiers jours du nouveau président de la République, cela a fait "honte" à Alain Finkielkraut. Il le dit dans Le Monde du 11 mai. Il espère néanmoins que Nicolas Sarkozy tiendra les promesses faites dans « des discours de très haute tenue » et notamment celle d’" incarner la France". Eh bien c’est cela, moi, que je trouve honteux, aussi. Que Finkielkraut ait pu et puisse encore s’en tenir aux discours, aux mots, comme si pour Sarkozy, les mots, les discours étaient autre chose que de l’apparence, de la manipulation, comme si Sarkozy n'était pas un "malfaiteur du langage", pour reprendre cette belle expression de David Grossmann dans le texte publié par le Nouvel Observateur de cette semaine. Evidemment je pourrais le dire aussi d’une autre manière, le dire comme les enfants dans l'un de leurs jeux, « pâte à crêpes, tu l’as cru » ! Enfin on a bien compris que l'un des...

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