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Sur ce blog des articles liés à l’actualité qui peuvent aussi avoir été publiés dans un journal ou sur un site, par exemple Mediapart ou Huffington post
MARCELLINE Fragments d’une vie sans récit Mettre Marcelline par écrit, écrire Marcelline, la retrouver ou plutôt la découvrir dans sa singularité. Et la faire découvrir à d’autres. Accomplir un geste de transmission.
Début de mon livre Pour un féminisme universel Je le publie ici pour rappeler que dès 1979 des femmes se sont opposées au nouveau régime, au nom des droits des femmes Le 8 mars 1979 et les deux jours suivants, par milliers, des Iraniennes manifestaient dans les rues de Téhéran, refusant avec énergie et courage de se plier à l’injonction qui leur était faite par l’ayatollah Khomeiny, tout juste rentré dans son pays, de porter au moins un voile devant « couvrir la tête et le cou ». En 1979, des féministes de divers pays et pas seulement occidentaux, affirmèrent une solidarité...
Refrain, rengaine, ou encore «marronnier», pour reprendre le terme qui dans les médias désigne un sujet récurrent, autant de mots pour nommer la question que le Premier ministre Bayrou et d’autres ministres avec lui mettent à nouveau sur la table : qu’est-ce qu’être Français ? Qu’est-ce que l’identité française ? Questions une nouvelle fois posées et pas seulement depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy, avec la création d’un ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale et la tentative d’un débat en 2009. Non, il faut remonter plus tôt, remonter au début des années 1980, exactement en 1983, année où le Front national est sorti de son statut de mini groupuscule pour s’installer sur la scène politique.
Je regarde à la télévision, ce 19 décembre, vers 13 heures, ces jeunes féministes rassemblées devant le tribunal d’Avignon qui entonnent, juste après la fin du procès de Mazan, l’hymne du Mouvement de libération des femmes écrit il y a plus d’un demi-siècle. A cinquante ans d’écart, les temporalités se télescopent. « Vingt ans pour tous ! », réclamait une banderole brandie par certaines féministes devant le palais de justice, en attendant le verdict. La cour criminelle du Vaucluse n’a pas suivi cette exigence, ce dont il faut se réjouir.
Le 8 mars, lors de la cérémonie célébrant l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution française, le président de la République a annoncé sa volonté d’inscrire le droit à l’IVG dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Excellente nouvelle.
Mais, quelques jours plus tard, le ministère de la Justice a réaffirmé, pour justifier le refus français d’une proposition faite par la Commission européenne concernant le viol, que la définition de celui-ci ne relevait pas de l’Union européenne mais des Etats membres. Position française déjà énoncée en novembre 2023 lors du débat à Bruxelles sur la directive relative à la lutte contre les violences faites aux femmes. C’est ce qui s’appelle «se tirer une balle dans le pied».
Face au conflit israélo-palestinien, exemple parfait de complexité, nous estimons « en tant que féministes » qu’assimiler la condamnation des crimes du Hamas au soutien aux suprémacistes israéliens et aux colons de Cisjordanie ou à l’oubli des femmes palestiniennes dans la bande de Gaza relève de la manipulation, non seulement du féminisme mais aussi de cette qualité essentielle qu’est l’honnêteté intellectuelle. Il en va du féminisme comme du désir d’émancipation.
S’affirmer, en ce moment, de gauche, féministe, pro-israélienne, au sens de juger légitime l’existence d’Israël, (par-delà les profonds désaccords avec l’action du gouvernement israélien et les colonies en Cisjordanie) et pro-palestinienne, au sens de juger légitime un Etat palestinien ( malgré le Hamas qui n’en veut pas et qui est le principal ennemi du peuple palestinien) exige de tenter quelques clarifications. Pendant des siècles, l’antisémitisme s’est décliné de multiples façons. A gauche il se donnait pour la marque d’une lutte anticapitaliste, la figure du banquier riche et prédateur s’identifiant à celle du juif. A droite et à l’extrême droite, l’antisémitisme...
Deux tribunes relatives au Planning familial ont été récemment publiées, la première dans Le Point du 16 avril 2023, titrée de manière très populiste « Planning familial : « nos impôts, leur intox », et signée par « Un collectif d’intellectuels et de médecins » ; la deuxième dans Le Monde du 20 mai 2023 titrée « Le Planning familial est partie prenante dans toutes les questions féministes » et signée par « un collectif d’universitaires, de médecins, de sociologues et d’écrivains ».
A-t-on le droit, malgré l’éminence des signataires de ces tribunes, d’être en total désaccord avec l’une et avoir des désaccords avec l’autre ?
Les lignes qui suivent sont moins relatives au Planning familial en tant que tel qu’à un fonctionnement idéologique et elles n’émanent pas d’un « collectif » mais de militantes féministes.
« Beaufs et barbares, le pari du nous » tel est le titre du dernier livre d’Houria Bouteldja (La fabrique). Est-ce la version new-look et décoloniale de l’archaïque « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » ? Pas vraiment.