Le MLF, 40 ans cette année ou dans deux ans? 10 octobre 2008

Est-ce en octobre 1968 que le MLF a été créé, comme l’affirme en ce moment Antoinette Fouque racontant à qui veut l’entendre sa version légendaire, un appartement parisien, petit certes mais chic puisque prêté par Marguerite Duras, quelques femmes qui se réunissent en octobre 68 et qui fondent, mais oui fondent, c’est le mot utilisé, le MLF?
 Comme un bon nombre de médias d’une part ne prêtent qu’aux riches, ce qui est le cas d’Antoinette et des Editions des femmes (richesse symbolique et richesse réelle) et sont paresseux, ils répètent la version légendaire. Rien d’étonnant. Depuis des années, des décennies maintenant, Antoinette Fouque a réussi à persuader pas mal de gens, surtout des gens à pouvoir, à notorièté, à réseaux, à surface médiatique (parce qu’elle a bien compris ce qu’était le fonctionnement réel de la socièté réelle) qu’elle était la fondatrice de tout, du Mouvement de libération des femmes, de leur libération elle-même et pourquoi pas des femmes aussi.
C’est ainsi. C’est gros, c’est ridicule (puisque un « mouvement » précisément, ça ne se fonde pas, un parti, oui, ça se fonde, mais un mouvement, non ça existe, ça vit, ça bouge, ça agit, ça pense, ça invente, ça fait plein de choses mais sans être fondé, décrété, créé à tel jour, à telle heure, à tel endroit).
C’est une vieille histoire que cette réécriture de l’Histoire, une histoire de pouvoir, d’argent, de mensonges, d’imposture.
Un jour sans doute, des historiens la feront, cette histoire, quand ses actrices seront mortes.
Oui l’Histoire s’écrira autrement quand ses contemporain(e)s ne seront plus là pour en entraver la  connaissance.
D’où l’importance de ne pas se taire aujourd’hui, même si peu entendent et de laisser des traces.
C’est ce que veulent faire quelques femmes qui viennent de lancer un blog, Re-Belles, et célébrer en 2010 les 40 années non du MLF mais « quarante ans de mouvement des femmes », un mouvement collectif, fondé par personne, mais dont les premières apparitions publiques remontent à l’année 1970, « Libération des femmes, année zéro » titrait alors la revue Partisans.

On trouvera ci dessous quelques pages (139-144) de mon livre Un Chagrin politique publié en 1996 (Ed L’Harmattan) relatifs au groupe Politique et psychanalyse et Antoinette Fouque     

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