Catégorie Nouveautés

14 février 2014 : Ne pas oublier la liberté

Chaque génération de féministes en fait hélas l’apprentissage. De la bêtise, de la manipulation, et pour une part plus réduite, de la saloperie. Le débat qui se joue depuis quelques semaines sur la scène médiatico-politique française en est la démonstration. Une fois de plus en effet il faut entendre ce que Simone de Beauvoir a entendu lors de la publication de son livre Le deuxième sexe dans les années 50, ce que d’autres avant elle avaient entendu, au long des décennies antérieures, ce que comme les autres filles du MLF, j’ai entendu dans les années 70 et que l’on entend encore, au grand étonnement des jeunes et dynamiques féministes d’aujourd’hui : qu’il faut s’en tenir à la nature, qu’oser affirmer qu’il y a une part culturelle et donc construite dans ce qui s’appelle le masculin et le féminin annule la différence des sexes, que l’égalité entre les hommes et les femmes fait perdre à ces dernières leur féminité… Autant de répétitions, décennie après décennie, siècle après...

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Niveau closer

Ah qu’ils étaient contents, contents du Président de la République et contents d’eux, ces vieux messieurs présents sur le plateau de Ce soir ou jamais du 17 janvier dernier. Oui, c’est avec plaisir, satisfaction et même fierté que Georges Kiejman, 81 ans, Philippe Sollers, 77 ans, Jean-Michel Ribes, 67 ans, jugeaient que François Hollande « habitait enfin la fonction ». A preuve sa conférence de presse, à preuve aussi sa vie sentimentale. Il faut protéger la vie privée, affirmaient-ils, ne pas mêler vie privée et vie publique, mais que faisaient-ils d’autre que lier les deux quand ils nous expliquaient, tel Sollers, que Hollande était bien meilleur depuis qu’il avait eu « la force de s’échapper du matriarcat féroce » qui pesait sur lui (toujours la faute des femmes, bien sûr !) ; ou bien, quand ils nous affirmaient, tel Kiejman, qu’« Hollande n’avait jamais eu une attitude aussi présidentielle » que depuis qu’il était amoureux. Ils disaient les mots « amoureux » et « amour », ils nous les répétaient et Sollers même en bavait mais on comprenait...

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A propos des rencontres de Genre en action : Quand la confusion politique ne profite pas au féminisme

A propos des rencontres internationales Féministes ou non ?
Organisées par le réseau Genre en action et Assaida Al Horra

(du 5 au 7 décembre 2013)

Quand la confusion politique ne profite pas au féminisme

Ce n’était pas a priori une mauvaise idée que d’organiser dans un pays d’Afrique du Nord une rencontre internationale afin que « les féministes, je cite les propos introductifs de Claudie Vouhé, présidente de Genre en action, s’emparent des sujets qui font polémiques ».

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Au liban on les appelles les déplacé-es

Les femmes syriennes et palestiniennes réfugiées au Liban, victimes et actrices, enfermées dans la tradition et en rupture forcée avec elle. Au Liban, on les appelle plutôt les « déplacé-es » Toute de noir vêtue, seul son visage est visible, visage fin, fatigué, traits tirés, mais je vois bien qu’elle est jeune, très jeune même, 17 ans, peut-être 18, et dans ses bras un enfant auquel je ne donne pas plus de quelques jours, elle mendie avec son nouveau né dans une rue de Beyrouth, une mendiante parmi d’autres mendiants, c’est l’une des premières choses que l’on vous dit à propos des réfugiés syriens lorsque vous arrivez à Beyrouth, « maintenant il y a de la mendicité » (mais je verrai moins de mendiants dans les rues de la capitale libanaise que dans celles de Paris). Je ne saurai jamais comment cette jeune femme est arrivée à Beyrouth ni comment elle y vit, juste savoir qu’elle est l’une parmi plus d’un million d’autres. Un million, (peut-être même est-ce davantage),...

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Lampedusa : de pire en pire

Lampedusa : j’y suis allée en 2006, lorsque j’écrivais L’arrivée de mon père en France, déjà et depuis des longtemps, les naufrages, les morts, les larmes de crocodile… 2013, sept ans plus tard, rien n’a changé, pardon, si cela a empiré !

Ci dessous un extrait de « L’arrivée de mon père en France »

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Non à la purification

On a voté Hollande, il a été élu, on a eu les droits des femmes plutôt que l’identité nationale, le mariage pour tous plutôt que le curé vaut mieux que l’instit, une justice qu’on laisse travailler plutôt que des procureurs aux ordres et des juges d’instruction harcelés, des medias plutôt indépendants du pouvoir politique. C’est déjà ça et ce n’est pas rien.

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8 mars 2013 : dans l’Humanité

De l’impossibilité de répondre à la question posée

1- Merci à l’Humanité de nous offrir cette tribune. D’emblée une remarque : pourquoi ne s’adresser qu’à la ministre des droits des femmes alors que c’est l’ensemble du gouvernement qui mène telle ou telle politique et que, s’agissant du sujet traité, il conviendrait d’interpeller Premier ministre et président de la République, histoire de les impliquer dans le « concret », pour reprendre l’adjectif utilisé.

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Sexisme ordinaire…

Dans une tribune publiée par le Monde daté du mardi 25 septembre, messieurs Claude Allègre et Denis Jeambar souhaitent que souffle en France « le vent du débat » afin que la démocratie avance, mais oui, et que des réformes soient effectuées. Deux thématiques leur importent particulièrement : la réforme du Sénat et la parité. Les effets actuels de cette dernière, selon nos réformateurs, sont néfastes, en particulier dans la formation du gouvernement, parce qu’on « ne choisit plus les ministres en fonction de leurs compétences, mais de leur sexe. » Et d’ajouter : « cette parité ministérielle est une approche peu gratifiante pour les femmes. » Précision précieuse et éclairante : pour nos deux compères, on l’aura compris, ce sont bien sûr les hommes qui sont nommés pour leur compétence, et les femmes pour leur sexe !

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Discours de soutien Martine Aubry

Intervention au meeting de Martine Aubry, Lille, 13 octobre 2011

Puisque je viens d’être présentée comme une militante féministe, et même un peu canal historique, vous vous attendez sans doute à ce que je dise : je vote Martine Aubry parce qu’elle est une femme. Eh bien non, autant le dire d’emblée, je ne vote pas Martine Aubry parce qu’elle est une femme. En effet le fait d’être une femme n’est pas suffisant, ce n’est pas en soi une garantie de progrès, de justice. Ainsi Marine Le Pen est une femme et jamais je ne voterai pour elle.

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Je ne suis pas allée place des Vosges

Oui le viol est un crime et trop souvent il n’est pas considéré comme tel par la justice.
Oui trop de femmes ont peur de porter plainte parce qu’elles ont honte d’avoir été violées ou parce qu’elles pensent qu’on – la police, la justice – ne va pas les croire.
Oui la parole des femmes est trop facilement mise en doute.
Oui plusieurs réactions énoncées au moment de l’arrestation de Dominique Strauss Kahn ont été scandaleusement sexistes et misogynes.

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