Martine Storti

Années sida…Jours de février. 1993

Article publié dans le numéro de la revue Regards Printemps 1993 en hommage à Frank Arnal, mort du sida en janvier 1993

Vendredi 12 février
L’arrivée à Bedarieux, petite ville du département de l’Hérault, est assez sinistre. II est 13 heures.
II pleut. En cette saison et à cette heure, tout est fermé, les magasins, les cafés, les restaurants.
Personne dans les rues. Avec mon parapluie et mon petit cartable, je me sens très « hussarde de la République ».
C’est donc ça, être inspectrice générale de l’Education nationale, se retrouver dans une ville déserte, à la recherche d’un restaurant pour déjeuner avant d’aller inspecter un lycée professionnel.

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L’identité française 1985

Bien qu’il ait plus de vingt ans, le texte qui suit, présentation de l »ouvrage collectif, L’identité française (Editions Tierce. 1985) n’a hélas pas perdu de son actualité.

Paradoxe que cette fin de millénaire : la mondialisation des échanges économiques et des communications, la standardisation en cours des styles de vie, coexistent avec une formidable remontée de la quête des origines, de la recherche des racines. L’un, sans doute, explique l’autre. A l’homogène, on répond par les différences, à l’universel par les particularités. La télévision livre chaque jour et partout la totalité du monde – et son simulacre – , mais le monde, dans sa totalité, n’intéresse, au fond, personne. L’ailleurs, quand il devient visuellement quotidien, ne se rapproche pas, il s’éloigne. Sans perdre pour autant son caractère menaçant. II faut se protéger de ce lointain si proche, il faut retrouver ce proche qui s’éloigne. La peur de perdre, son territoire, sa personnalité, sa différence, son identité est partout. Et comme il y a peur, il y a surenchère.

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La faute à mai 68 ( 18 septembre 2006)

C’est un refrain, ou une antienne, ou une manie, ou une obsession, je ne saurais le dire, en tout cas ça revient, c’est régulier, pas la faute à Voltaire, pas la faute à Rousseau, la faute à mai 68, presque 40 ans plus tard, toujours la faute à Mai, Sarkozy vient encore d’entonner la rengaine, après d’autres, avant d’autres, pas de raison que ça s’arrête.

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32 jours de mai

Ce roman, j’aurais préféré qu’il porte le titre que je lui avais choisi, Fragments d’un livre de mai,
j’aime bien ce mot « fragments », et ce livre, en effet, est composé de fragments, « fragments d’existence soustraits au temps », pour reprendre ces mots de Proust, mais il est aussi fragmenté, comme la mémoire, justement, et comme la vie,
des bouts de vie, des vies en mai,
mai 68 en France, le mai de Jeanne et de Louise,
ou mai 1882, le mai de Lou et de Nietzsche en Italie,
ou mai 1981, ou mai 1993…
Mais il paraît que ce titre était trop compliqué, ou pas assez explicite, donc c’est un autre titre
pour ce roman de l’attente, attente de la révolution et attente d’une déclaration d’amour,
un roman dont mai 68 est peut être le personnage principal ou central, mais qui n’est pas un roman sur Mai, plutôt un roman de Mai, c’est-à-dire venant de là, de ces jours là, de cette existence-là, de cette ouverture-là,
roman d’une nostalgie assumée,
roman-essai ou plutôt méditation sur l’enchantement et le désenchantement, sur l’engagement et le courage, sur la fidélité, sur l ‘amertume du jeu social, sur le rapport à la souffrance des autres et la réconciliation avec ce que Vassili Grossman, appelle, dans Vie et destin, la bonté anonyme, la bonté sans idéologie.

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Vers un réseau francophone

L’investissement français et francophone (Ministères, ONG, associations, chercheurs, enseignants… ) dans l’éducation en situations d’urgence n’est hélas pas encore très développé. Et autant le dire, comme francophone, dans les groupes de travail de l’INEE, je me sens bien seule ! Un espoir cependant : à Dakar s’est tenu en juillet 2006 un séminaire de formation aux standards éducatifs de l’INEE et pour la première fois cette formation s’est déroulé en français (voir compte rendu ci-dessous). L’ensemble des participants a souligné la nécessité d’organiser rapidement un réseau francophone. L’OIF (organisation internationale de la francophonie), présente à ma demande à ce séminaire, a décidé de s’impliquer dans l’organisation d’un tel réseau. Objectifsprincipaux : traduction des documents, organisation de formations, mutualisation des expèriences, des réflexions, des ressources, développement de la recherche… Rapide compte rendu du séminaire de Dakar : C’est la première fois qu’un séminaire de formation aux standards est organisé en français, ce qui a supposé un travail en amont (traduction du manuel sur les normes minimales ainsi que des documents...

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Cahiers du Kosovo

Plusieurs séjours au Kosovo, de 1999 à 2001 et ce journal de bord pour dire un Kosovo au quotidien, dans la compagnie que quelques femmes et hommes de Vushtrri ou de Mitrovica ou de Vidishiq, loin des stéréotypes, des représentations obligées…
Pour dire aussi l’enjeu de l’éducation en situations d’urgence

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Un chagrin politique

L’impression d’avoir eu deux vies, l’une avant 1981, l’autre après. Avant : l’enfance dans une famille ouvrière, le salut par l’école de la République, les études à la Sorbonne, l’engagement politique, le désir de révolution, le bonheur de Mai 68, l’enseignement de la philosophie dans une ville du nord, le Mouvement de libération des femmes, le journalisme à Libération. Après : la gauche au pouvoir, la pesante décennie quatre-vingt, les années des gagnants et des gagneurs…

Ce livre est une sorte d’autobiographie politique, un récit singulier, non sur le registre de la confession, ou de la mise en scène, de l’auto-hagiographie ou de l’auto-flagellation. Mais avec le souci de retracer les différents moments d’un parcours politique, d’une expérience sociale. De faire les comptes. D’en rendre aussi…

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