Martine Storti

Des french doctors aux french teachers!

J’ai remis au ministre de l’Education nationale, en mars 2005, un rapport de propositions pour la création d’un dispositif français permettant l’intervention éducative en situations de crise et de post-crise. Ce rapport est hélas resté sans suite. Je rends publics quelques constats et propositions qui peuvent donner des idées aux uns et aux autres, aux établissements scolaires, aux universités, aux rectorats, aux ministères, aux associations, aux collectivités territoriales, aux individus…   Extraits du rapport 1 L’éducation en situations d’urgence, de crise et de post-crise : une exigence qui a fait son chemin ASSOCIER LES MOTS EDUCATION? URGENCE? CRISE? N’EST-CE PAS PARADOXAL? L’éducation, par essence, ne suppose-t-elle pas la durée, la lenteur, la stabilité, la tranquillité et même un minimum de confort ? Et pourtant, combien d’enfants dans le monde, vont à l’école dans des conditions matérielles, sociales et psychologiques extrêmement difficiles et précaires ? Combien d’enfants aussi n’y vont pas et voudraient y aller ? Voudraient y aller car le désir d’école se manifeste et s’exprime...

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Quelques impressions d’Afghanistan 2002

Texte publié par la revue Drôle d’époque, numéro 11, automne 2002

Quand le comité de rédaction de  » Drôle d’époque  » m’a demandé un article sur mes missions en Afghanistan, précisant :  » 25 000 signes, pas plus « , j’ai d’abord pensé que c’était beaucoup. Mais dès que j’ai commencé à écrire, cela m’a paru très peu, en tout cas insuffisant, tant me submergeaient instant après instant de multiples souvenirs, de lieux, de visages, de choses vues, de moments vécus, d’impressions ressenties au cours de ces deux séjours en Afghanistan, le premier en janvier 2002, le second en mars.

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Années sida…Jours de février. 1993

Article publié dans le numéro de la revue Regards Printemps 1993 en hommage à Frank Arnal, mort du sida en janvier 1993

Vendredi 12 février
L’arrivée à Bedarieux, petite ville du département de l’Hérault, est assez sinistre. II est 13 heures.
II pleut. En cette saison et à cette heure, tout est fermé, les magasins, les cafés, les restaurants.
Personne dans les rues. Avec mon parapluie et mon petit cartable, je me sens très « hussarde de la République ».
C’est donc ça, être inspectrice générale de l’Education nationale, se retrouver dans une ville déserte, à la recherche d’un restaurant pour déjeuner avant d’aller inspecter un lycée professionnel.

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L’identité française 1985

Bien qu’il ait plus de vingt ans, le texte qui suit, présentation de l »ouvrage collectif, L’identité française (Editions Tierce. 1985) n’a hélas pas perdu de son actualité.

Paradoxe que cette fin de millénaire : la mondialisation des échanges économiques et des communications, la standardisation en cours des styles de vie, coexistent avec une formidable remontée de la quête des origines, de la recherche des racines. L’un, sans doute, explique l’autre. A l’homogène, on répond par les différences, à l’universel par les particularités. La télévision livre chaque jour et partout la totalité du monde – et son simulacre – , mais le monde, dans sa totalité, n’intéresse, au fond, personne. L’ailleurs, quand il devient visuellement quotidien, ne se rapproche pas, il s’éloigne. Sans perdre pour autant son caractère menaçant. II faut se protéger de ce lointain si proche, il faut retrouver ce proche qui s’éloigne. La peur de perdre, son territoire, sa personnalité, sa différence, son identité est partout. Et comme il y a peur, il y a surenchère.

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La faute à mai 68 ( 18 septembre 2006)

C’est un refrain, ou une antienne, ou une manie, ou une obsession, je ne saurais le dire, en tout cas ça revient, c’est régulier, pas la faute à Voltaire, pas la faute à Rousseau, la faute à mai 68, presque 40 ans plus tard, toujours la faute à Mai, Sarkozy vient encore d’entonner la rengaine, après d’autres, avant d’autres, pas de raison que ça s’arrête.

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32 jours de mai

Ce roman, j’aurais préféré qu’il porte le titre que je lui avais choisi, Fragments d’un livre de mai,
j’aime bien ce mot « fragments », et ce livre, en effet, est composé de fragments, « fragments d’existence soustraits au temps », pour reprendre ces mots de Proust, mais il est aussi fragmenté, comme la mémoire, justement, et comme la vie,
des bouts de vie, des vies en mai,
mai 68 en France, le mai de Jeanne et de Louise,
ou mai 1882, le mai de Lou et de Nietzsche en Italie,
ou mai 1981, ou mai 1993…
Mais il paraît que ce titre était trop compliqué, ou pas assez explicite, donc c’est un autre titre
pour ce roman de l’attente, attente de la révolution et attente d’une déclaration d’amour,
un roman dont mai 68 est peut être le personnage principal ou central, mais qui n’est pas un roman sur Mai, plutôt un roman de Mai, c’est-à-dire venant de là, de ces jours là, de cette existence-là, de cette ouverture-là,
roman d’une nostalgie assumée,
roman-essai ou plutôt méditation sur l’enchantement et le désenchantement, sur l’engagement et le courage, sur la fidélité, sur l ‘amertume du jeu social, sur le rapport à la souffrance des autres et la réconciliation avec ce que Vassili Grossman, appelle, dans Vie et destin, la bonté anonyme, la bonté sans idéologie.

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Vers un réseau francophone

L’investissement français et francophone (Ministères, ONG, associations, chercheurs, enseignants… ) dans l’éducation en situations d’urgence n’est hélas pas encore très développé. Et autant le dire, comme francophone, dans les groupes de travail de l’INEE, je me sens bien seule ! Un espoir cependant : à Dakar s’est tenu en juillet 2006 un séminaire de formation aux standards éducatifs de l’INEE et pour la première fois cette formation s’est déroulé en français (voir compte rendu ci-dessous). L’ensemble des participants a souligné la nécessité d’organiser rapidement un réseau francophone. L’OIF (organisation internationale de la francophonie), présente à ma demande à ce séminaire, a décidé de s’impliquer dans l’organisation d’un tel réseau. Objectifsprincipaux : traduction des documents, organisation de formations, mutualisation des expèriences, des réflexions, des ressources, développement de la recherche… Rapide compte rendu du séminaire de Dakar : C’est la première fois qu’un séminaire de formation aux standards est organisé en français, ce qui a supposé un travail en amont (traduction du manuel sur les normes minimales ainsi que des documents...

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Cahiers du Kosovo

Plusieurs séjours au Kosovo, de 1999 à 2001 et ce journal de bord pour dire un Kosovo au quotidien, dans la compagnie que quelques femmes et hommes de Vushtrri ou de Mitrovica ou de Vidishiq, loin des stéréotypes, des représentations obligées…
Pour dire aussi l’enjeu de l’éducation en situations d’urgence

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